Réduction mammaire, ou plastie mammaire de réduction

En résumé

  • But de l’intervention : Alléger la poitrine, puis la remonter et la remodeler
  • Durée de l’intervention : 2 à 3 heures
  • Type d’anesthésie : Générale
  • Durée du séjour : 2 à 3 jours
  • Éviction sociale : Une dizaine de jours

RÉDUCTION MAMMAIRE en résumé

But de l’intervention

Alléger la poitrine, puis la remonter et la remodeler

Durée de l’intervention

2 à 3 heures

Type d’anesthésie

Générale

Durée du séjour

2 à 3 jours

Éviction sociale

Une dizaine de jours

Le dos et les épaules paient le volume

La réduction mammaire, ou plastie mammaire de réduction, retire une partie de la glande et de la peau, puis remonte et remodèle le sein. Elle s’adresse aux femmes dont la poitrine est trop lourde pour leur corps, et vise surtout à soulager le dos et les épaules. Elle laisse des cicatrices, le plus souvent autour de l’aréole et en forme de T inversé sous le sein.

Le poids se porte sur les épaules

Une poitrine volumineuse pèse en permanence vers l’avant. Le dos compense, les épaules s’enroulent, le cou se raidit en fin de journée. Les bretelles du soutien-gorge creusent un sillon dans la peau des épaules, parfois visible des heures après les avoir retirées.

Sous les seins, la peau reste en contact avec la peau. La chaleur et la transpiration y entretiennent des irritations, voire des mycoses, surtout l’été. Courir ou sauter devient inconfortable, même avec une brassière de sport. Le regard des autres et les vêtements introuvables à la bonne taille pèsent aussi.

La page consacrée à la poitrine trop lourde détaille ces situations. Une synthèse de 29 études, portant sur 4 173 patientes, a mesuré l’effet de la réduction mammaire. Les douleurs des épaules, du dos et du cou diminuent nettement, comme les marques de bretelles et les irritations sous les seins. Ce sont les douleurs d’épaules qui reculent le plus.

Alléger le sein, puis le remonter

Le sein est fait de glande, de graisse et de peau. Quand il est lourd, il descend aussi : c’est la ptose, c’est-à-dire l’affaissement du sein, avec une aréole qui regarde vers le bas. L’aréole est le disque coloré autour du mamelon. La réduction mammaire traite les deux en même temps.

Elle retire une partie de la glande et de la peau. Elle remonte l’aréole et redonne au sein une forme plus ronde, mieux tenue.

Une taille de bonnet précise ne se garantit pas. On décide ensemble d’un volume cible, mais la forme finale dépend de la peau, de la glande et de la cicatrisation. Deux seins ne sont jamais parfaitement identiques, avant comme après. La poitrine continue aussi d’évoluer : une prise de poids, une grossesse ou les années la modifieront, comme toute poitrine.

La réduction mammaire et le lifting mammaire ne poursuivent pas le même objectif. La réduction vise d’abord à alléger la poitrine ; le lifting vise d’abord à la remonter en gardant son volume.

Le T inversé, et quand on peut s'en passer

Une réduction mammaire laisse des cicatrices, et il vaut mieux le savoir avant. Le plus souvent, elles dessinent un T inversé. Un cercle entoure l’aréole, un trait vertical descend jusqu’au pli sous le sein, un trait horizontal suit ce pli. Leur longueur dépend du volume retiré et de l’importance de l’affaissement.

Lorsque la réduction est modeste, une cicatrice verticale seule, sans le trait horizontal, peut suffire. Le choix se fait à l’examen, pas sur une préférence de principe.

Les cicatrices restent rouges plusieurs mois, puis pâlissent lentement, sur un an ou davantage. Elles restent visibles de près. Elles se trouvent en général dans la zone couverte par un soutien-gorge, mais leur extrémité peut en dépasser selon le volume retiré.

Leur qualité varie d’une personne à l’autre. Le tabac réduit la circulation de la peau et de l’aréole : il augmente le risque de cicatrisation difficile et de souffrance de l’aréole. Son arrêt complet est demandé un mois avant et un mois après l’intervention, cigarette électronique comprise.

Imagerie avant, laboratoire après

La première consultation sert à comprendre ce qui vous gêne et ce que vous attendez. L’examen mesure le volume des seins et la position de l’aréole. Il évalue la qualité de la peau et la distance entre le mamelon et le pli sous le sein. Des photographies sont prises pour préparer l’intervention et suivre le résultat.

Une imagerie des seins est demandée avant l’intervention : une échographie, une mammographie, ou les deux, selon votre âge et vos antécédents. Le but est de ne pas opérer un sein qui porte une anomalie non explorée.

Le tissu retiré pendant l’opération est envoyé au laboratoire pour être analysé au microscope. Chez les femmes sans antécédent de cancer du sein, un cancer passé inaperçu est découvert dans environ 0,6 % des prélèvements analysés. Cela fait à peu près six sur mille. La proportion est plus élevée chez les femmes déjà traitées pour un cancer de l’autre sein.

Hospitalisée deux ou trois jours

Le jour de l’intervention, le dessin et les mesures sont faits sur la peau, en position debout, avant l’anesthésie.

L’intervention se fait sous anesthésie générale et dure de deux à trois heures. Lorsqu’une hospitalisation est nécessaire, ou que l’intervention est prise en charge par l’assurance soins de santé, elle a lieu à l’hôpital Delta. Pendant l’intervention, une partie de la glande est retirée et l’aréole est remontée à l’emplacement repéré. La peau est refermée avec des fils résorbables, qui n’ont pas besoin d’être retirés.

À la fin, un pansement modelant légèrement compressif est posé. L’hospitalisation dure en général de deux à trois jours. La douleur des premiers jours est surtout une sensation de tension ; elle se contrôle avec des antidouleurs habituels.

Au fil des mois, le sein descend un peu et s'arrondit

Les seins sont gonflés et marqués de bleus pendant les premières semaines. Un soutien-gorge qui maintient bien la poitrine se porte jour et nuit pendant les deux premiers mois.

Il faut compter une dizaine de jours avant de reprendre une vie sociale normale. La reprise du travail dépend de votre activité ; un travail de bureau se reprend souvent plus tôt qu’un travail physique. Le sport attend plusieurs semaines. On commence par la marche, puis les activités sans impact, avant la course ou les sports de bras.

La forme évolue pendant des mois : le sein descend un peu et s’arrondit en bas à mesure que le gonflement disparaît. Le résultat se juge vers un an, quand les cicatrices ont pâli et que la forme s’est stabilisée.

Le sein réagit toujours aux hormones

Après une réduction mammaire, le sein reste une glande vivante. Il réagit aux hormones, et un allaitement reste possible, sans être garanti.

Une synthèse de 33 études retrouve un allaitement réussi chez environ 62 % des femmes opérées. Les études ne définissent pas toutes la « réussite » de la même façon. Les chances semblent meilleures lorsque la technique conserve la colonne de glande située sous l’aréole.

La sensibilité du mamelon peut diminuer, ou au contraire devenir plus vive, pendant plusieurs mois. Elle revient souvent en partie, mais pas toujours complètement. Si une grossesse est envisagée bientôt, parlez-en en consultation.

Des critères chiffrés pour le remboursement

La réduction mammaire peut être en partie remboursée par l’INAMI, l’assurance maladie belge, lorsque des conditions précises sont réunies. L’indice de masse corporelle (IMC, le rapport entre le poids et la taille) doit être inférieur à 35. Le poids de glande retiré doit atteindre au moins 400 grammes par sein. La distance entre le mamelon et le pli sous le sein doit mesurer au moins 14 cm, ou 12 cm lorsque les plaintes sont documentées.

Le remboursement demande enfin l’accord préalable du médecin-conseil de votre mutualité, obtenu avant l’intervention. Les mesures prises à l’examen servent à constituer ce dossier. Le poids retiré n’est connu qu’après l’intervention : l’estimation faite à l’examen sert à la demande. Ce qui se passe s’il reste sous le seuil se discute en consultation.

Lorsque les conditions ne sont pas réunies, l’intervention reste possible, mais elle n’est pas remboursée.

Ni régime en cours, ni grossesse prévue dans l'année

Certaines situations invitent à attendre. Une perte de poids en cours, une grossesse prévue dans l’année ou un tabagisme actif pèsent sur la décision et sur la cicatrisation. Une perte de poids, lorsqu’elle est indiquée, ou une kinésithérapie du dos peuvent aussi soulager sans réduire la glande.

Réduction mammaire : les signes qui ne peuvent pas attendre

Appelez tout de suite le numéro qui vous a été remis lors de votre intervention si un sein gonfle, se tend et durcit d’un seul côté. Ce peut être un hématome, une poche de sang. Même chose si une aréole devient sombre ou violacée, ou au contraire très pâle, blanche ou froide : c’est le signe d’un défaut de circulation. Même chose si vous avez de la fièvre, si une cicatrice rougit et laisse couler du liquide, ou si un mollet devient douloureux ou gonflé. Ce dernier signe peut annoncer une phlébite, un caillot dans une veine de la jambe. En cas d’essoufflement brutal ou de douleur dans la poitrine, appelez le 112 : ce peut être une embolie pulmonaire, un caillot parti vers le poumon.

Questions fréquentes

Faut-il être à un poids stable avant l'opération ?

Oui, autant que possible. La glande restante réagit aux hormones et au poids. Une prise de poids importante, une grossesse ou un traitement hormonal peuvent de nouveau augmenter le volume. Si une grossesse est envisagée à court terme, parlez-en en consultation.

Les premiers jours sont-ils pénibles ?

La gêne des premiers jours ressemble à des seins serrés et sensibles au toucher. Les antidouleurs habituels la contrôlent. Elle diminue ensuite progressivement, à un rythme qui varie d’une femme à l’autre. Le soutien-gorge de maintien limite les mouvements du sein pendant cette période.

Faut-il refaire une mammographie après l'opération ?

Oui. Le dépistage du cancer du sein se poursuit normalement après une réduction mammaire. Les cicatrices internes peuvent laisser de petites images sur la mammographie. Signalez l’intervention au radiologue : il en tient compte dans sa lecture.

But de l’intervention

Alléger la poitrine, puis la remonter et la remodeler

Durée de l’intervention

2 à 3 heures

Type d’anesthésie

Générale

Durée du séjour

2 à 3 jours

Éviction sociale

Une dizaine de jours

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