DOUBLE MENTON
En résumé
- De quoi il s’agit : Quatre mécanismes donnent le même profil sous le menton : excès de graisse, peau distendue, muscle platysma, menton en retrait
- Les limites : Le traitement change complètement selon le mécanisme en cause ; traiter le mauvais ne donne aucun résultat
- À contrôler : L’examen reconnaît lequel vous concerne
Quatre situations, une seule silhouette de profil
C’est presque toujours une photo de profil qui déclenche la consultation. De face, tout va bien. De trois quarts, ou sur une photo prise pendant un repas, l’angle entre le menton et le cou a disparu et le visage semble avoir pris dix ans. Certaines patientes nous disent avoir arrêté de se laisser photographier autrement que de face.
La demande arrive souvent formulée comme un problème de poids. Elle ne l’est pas toujours. Des personnes minces ont un double menton, des personnes qui ont beaucoup maigri le trouvent parfois plus marqué qu’avant. C’est la première chose à démêler.
Quatre mécanismes différents donnent exactement le même profil, et le traitement change complètement selon celui qui est en cause.
Il y a l’excès de graisse sous-mentonnière vrai. Il se pince entre deux doigts, il est parfois présent chez une personne mince, et il est alors constitutionnel : c’est une répartition, pas un excès alimentaire.
Il y a le relâchement cutané sans excès de graisse. La peau est distendue, elle pend, mais il n’y a rien à aspirer dessous. C’est fréquent après une perte de poids importante, et c’est aussi ce que l’âge produit seul.
Il y a le relâchement du muscle platysma. Ses bandes verticales se voient à la contraction, quand on serre les dents ou qu’on tire le menton vers le bas, et elles effacent l’angle entre le menton et le cou.
Il y a enfin le menton en retrait, la rétrogénie. Le menton est court, il ne projette pas assez vers l’avant, et le cou paraît empâté alors que la quantité de graisse est parfaitement normale. Dans ce cas, c’est le menton qu’il faut traiter, pas le cou. C’est le diagnostic le plus souvent manqué.
Se tromper de composante ne donne aucun résultat
Toxine botulique sur les bandes platysmales
Injectée dans les bandes verticales, la toxine botulique relâche leur contraction et adoucit le trait qu’elles dessinent. L’effet est réel mais limité, et il ne dure que trois à quatre mois. Ce qu’elle ne fait pas : elle ne retire ni graisse ni peau, et elle n’a aucun effet sur un cou dont le problème est cutané. Voir la page toxine botulique.
Acide hyaluronique sur le menton
Sur une rétrogénie, projeter le menton vers l’avant redéfinit la ligne du cou sans toucher à la graisse. Le changement de profil est immédiat et souvent spectaculaire au regard du geste, qui reste modeste. Il tient plusieurs mois à un peu plus d’un an. La technique est décrite sur la page injections d’acide hyaluronique.
Morpheus 8
Sur la qualité de peau et une rétraction modérée, la radiofréquence microneedling apporte un gain visible mais mesuré. Trois séances en général, résultat qui s’installe sur trois à six mois. Elle ne remplace pas une prise en charge chirurgicale sur une peau franchement distendue. Détails sur la page Morpheus 8.
FaceTite et AccuTite
C’est la meilleure indication de cette zone lorsqu’il y a à la fois de la graisse et une laxité modérée. La radiofréquence est délivrée sous la peau, sous anesthésie locale, par une micro-incision : elle traite la graisse et provoque une rétraction cutanée dans le même temps. Ce qu’elle ne fait pas : elle ne retire pas de peau, donc elle ne répond pas à un excès cutané important. Voir FaceTite et AccuTite.
Liposuccion cervicale
Quand la graisse est le problème principal et que la peau a un bon tonus, l’aspiration donne un résultat net et durable sur la silhouette du cou. La condition est le tonus cutané, et elle n’est pas négociable. Voir liposuccion et liposculpture.
Lifting et deep plane facelift
Quand l’excès cutané est franc, il faut retirer de la peau et repositionner les plans, ce que seul un lifting du visage et du cou ou un deep plane facelift permet. Anesthésie générale, cicatrices dissimulées mais réelles.
TRAITER LA MAUVAISE COMPOSANTE NE DONNE AUCUN RÉSULTAT
Le double menton est probablement le meilleur exemple de cette règle. Aspirer la graisse d’un cou dont la peau est déjà distendue aggrave l’aspect : on retire le contenu et l’enveloppe reste, plus vide qu’avant. Injecter de la toxine botulique sur un excès graisseux ne changera rien non plus. C’est pourquoi la consultation commence par l’examen et non par le choix d’une technique.
La liposuccion cervicale peut laisser des irrégularités ou une asymétrie, et l’œdème de cette zone est parfois prolongé. Les gestes chirurgicaux impliquent une anesthésie générale et une cicatrice. Aucun de ces traitements n’échappe à ces contraintes, et aucun ne met à l’abri d’un relâchement ultérieur, puisque le vieillissement continue.
CE QUE L'ON REGARDE EN CONSULTATION
On vous examine de profil et de trois quarts, au repos puis en contraction, pour voir si les bandes du platysma apparaissent. On pince la zone pour évaluer la part de graisse. On teste le tonus de la peau. Et on regarde la position du menton par rapport au reste du profil, parce qu’un cou peut être normal et le menton en cause.
Le Dr Anouk Herszkowicz prend en charge les injections et les traitements de médecine esthétique, le Dr Daniel Meunier la radiofréquence sous-cutanée, la liposuccion et la chirurgie. Souvent la conclusion est qu’une seule composante domine et qu’un seul geste suffit.
Si la gêne concerne aussi la ligne de la mâchoire de part et d’autre du menton, la page bajoues et ovale du visage traite cette zone voisine, dont le mécanisme est différent.
Lorsque la gêne descend plus bas, avec une peau qui pend sous le menton ou des cordes verticales visibles à la contraction, l’examen porte alors sur le cou : la page sur le cou relâché explique ce qui décide du résultat à ce niveau.
Parlons-en en consultation
On examine, on explique, on décide ensemble. Rien ne se fait le jour même.