LIPOFILLING DU VISAGE
En résumé
- But du traitement : Restaurer un volume avec votre propre graisse
- Nombre de séances : 1 intervention, retouche possible
- Anesthésie : Locale ou générale
- Résultat / durée : Plusieurs années
- Éviction sociale : Quelques jours
LIPOFILLING DU VISAGE EN RÉSUMÉ
But du traitement
Restaurer un volume avec votre propre graisse
Nombre de séances
1 intervention, retouche possible
Anesthésie
Locale ou générale
Résultat / durée
Plusieurs années
Éviction sociale
Quelques jours
Deux produits très différents issus d'un même prélèvement
Le lipofilling consiste à prélever de la graisse sur une zone du corps pour la réinjecter dans le visage. À partir d’un prélèvement identique, on peut préparer deux produits qui n’ont ni le même aspect, ni le même usage, ni le même niveau de preuve : le microfat, qui restaure du volume, et le nanofat, qui ne fait plus de volume du tout. Cette distinction commande tout le reste, et elle est rarement expliquée.
Le microfat rend du volume
Le microfat, que l’on appelle aussi lipofilling classique, est une greffe de petits lobules de graisse. Il se place dans les zones qui se sont creusées avec le temps : les tempes, les pommettes, la vallée des larmes et le pourtour du regard, l’ovale. Ce sont des cellules graisseuses vivantes qui sont déposées, et qui doivent se revasculariser pour survivre dans leur nouveau site.
Le niveau de preuve est correct pour cet usage volumétrique. La greffe de graisse est pratiquée depuis longtemps en chirurgie plastique, décrite, enseignée, et ses résultats en restauration de volume sont documentés.
Une partie de la greffe ne prend pas
C’est la contrepartie du procédé et il faut l’annoncer avant l’intervention, pas après. Une fraction de la graisse transférée ne se revascularise pas et se résorbe dans les premiers mois. Cette proportion varie d’une personne à l’autre, et aucun chirurgien ne peut l’annoncer à l’avance avec précision. Le résultat s’apprécie donc à distance, une fois la résorption terminée, et une seconde séance est parfois nécessaire pour compléter.
Cela distingue nettement la graisse d’un produit injectable dont le volume est connu au millilitre près. On accepte une part d’incertitude en échange d’un matériau qui vient de vous.
Le nanofat ne contient plus de graisse vivante
Le nanofat suit une autre préparation. La graisse prélevée est émulsifiée puis filtrée, jusqu’à ne plus contenir d’adipocytes viables. Ce n’est donc plus un produit de volume : injecté, il ne remplit rien. C’est un produit de qualité de tissu, fluide, que l’on peut déposer très superficiellement, y compris dans une peau fine où aucun gel volumateur n’aurait sa place.
Ses indications sont les cernes, les ridules péribuccales, certaines cicatrices et la qualité de peau en général. Le niveau de preuve est faible : il repose sur des séries de cas, pas sur des essais comparatifs. C’est un geste qui a sa place et qui doit être présenté pour ce qu’il est, un procédé prometteur mais insuffisamment documenté, dans le même registre que d’autres traitements de la qualité de la peau ou que le PRP du visage.
CE QUE LA DIGESTION ENZYMATIQUE CHANGERAIT
Une question revient régulièrement, alimentée par ce qui se lit en ligne. Il faut y répondre précisément. Une fraction obtenue par digestion enzymatique du tissu graisseux ne relèverait plus du tout du même cadre : elle entrerait dans celui des médicaments de thérapie innovante, qui suppose une autorisation spécifique, inexistante à ce jour en indication esthétique. Ce n’est pas ce qui est pratiqué ici. Le nanofat tel qu’il est réalisé à la clinique est un produit d’origine autologue préparé mécaniquement, dans le cadre d’un acte chirurgical.
Une liposuccion, donc une seconde zone qui réagit
Le prélèvement se fait par une petite liposuccion sur une zone donneuse, le plus souvent l’abdomen ou la face interne des cuisses. Cela signifie des suites sur cette zone aussi, et non uniquement sur le visage : ecchymoses, œdème, sensibilité, port d’une compression pendant la durée indiquée. C’est un élément que les patients découvrent parfois trop tard et qui doit être annoncé dès la consultation.
L’anesthésie est locale ou générale selon l’ampleur du geste, la quantité prélevée et les zones traitées. Le choix se discute avant l’intervention.
LA GRAISSE NE SE DISSOUT PAS
Voici la différence majeure avec l’acide hyaluronique, et elle change la manière de décider. La graisse n’est pas réversible. Il n’existe pas d’antidote équivalent à l’hyaluronidase, capable de dégrader ce qui a été placé. Une erreur de placement ne s’efface pas, et une correction demande un nouveau geste chirurgical.
Cette irréversibilité impose une prudence particulière dans le choix de l’indication et dans la quantité déposée. Elle explique aussi pourquoi, chez un patient hésitant ou dont la demande est encore floue, un produit réversible reste souvent la première étape raisonnable, y compris dans le traitement des cernes creux.
Ce que le lipofilling ne fait pas
Il restaure du volume, il ne retend pas la peau. Sur un visage dont le relâchement est cutané et musculo-aponévrotique, ajouter de la graisse alourdit l’étage moyen sans corriger la descente des tissus, et le résultat s’éloigne de ce qui était attendu. Ces situations relèvent de la chirurgie de repositionnement, notamment du deep plane facelift, parfois associé à un lipofilling dans le même temps opératoire.
Le nanofat, de son côté, ne comble rien et ne remplace aucun geste volumateur.
Les complications décrites sont les irrégularités de surface, l’asymétrie, les kystes huileux, la résorption inégale qui peut laisser un résultat déséquilibré. À cela s’ajoute le risque vasculaire commun à toute injection faciale : une occlusion artérielle est possible, en particulier dans la glabelle et le nez, avec les mêmes conséquences potentielles qu’avec un autre produit injecté, et sans antidote disponible pour tenter de dégrader ce qui a été injecté. C’est une raison supplémentaire de traiter ces zones avec réserve.
Comme pour toute chirurgie, s’y ajoutent le risque infectieux, le risque d’hématome et les risques liés à l’anesthésie, qui sont détaillés en consultation.
Qui opère, et comment l’indication se décide
Le lipofilling du visage est un geste chirurgical. Il est réalisé par le Dr Daniel Meunier, chirurgien plasticien. L’indication se décide en consultation, après analyse des volumes du visage, de la qualité de la peau, des zones donneuses disponibles et de ce que vous attendez du résultat. Le caractère irréversible du geste et la part de résorption imprévisible sont expliqués avant toute décision.
Quand la demande peut être satisfaite par un geste réversible, cela vous est proposé. Quand elle ne peut pas l’être, le lipofilling est envisagé pour ce qu’il apporte, avec ses incertitudes énoncées.
Ce traitement répond au besoin : les cicatrices.
But du traitement
Restaurer un volume avec votre propre graisse
Nombre de séances
1 intervention, retouche possible
Anesthésie
Locale ou générale
Résultat / durée
Plusieurs années
Éviction sociale
Quelques jours
Parlons-en en consultation
On examine, on explique, on décide ensemble. Rien ne se fait le jour même.