AUGMENTER LE VOLUME DE SES SEINS

En résumé

  • De quoi il s’agit : « Petite poitrine » recouvre au moins 4 situations : un sein jamais développé, un volume perdu, une asymétrie, ou un sein tubéreux (défaut de forme plus que de volume)
  • Les options : Implant, pour une projection nette ; lipofilling, qui gagne en moyenne une taille de bonnet par séance
  • À savoir : Parfois, la consultation conclut qu’il ne faut pas opérer

« Petite poitrine » n'est pas un diagnostic

Trois façons d’ajouter du volume, et une quatrième qui consiste à n’en ajouter aucun.

Ce motif de consultation recouvre au moins quatre situations qui ne se traitent pas de la même façon. Une poitrine qui n’a jamais pris de volume à la puberté. Une poitrine qui en avait et qui l’a perdu, après une grossesse ou un amaigrissement. Une poitrine dont un sein est nettement plus petit que l’autre. Et une poitrine dont la base est étroite et l’aréole large, ce que l’on appelle un sein tubéreux, qui n’est pas un défaut de volume mais un défaut de forme.

La première question de la consultation n’est donc pas « quel volume voulez-vous », mais « qu’est-ce qui vous gêne exactement quand vous vous regardez ». Ce n’est pas la même réponse selon que le décolleté est plat, que le soutien-gorge bâille en haut, ou que l’un des deux bonnets reste vide.

Ce qui décide, c’est votre thorax et votre peau

Le volume que l’on peut ajouter n’est pas un choix libre. Il est encadré par trois mesures que je prends en consultation, et qui sont propres à vous.

La largeur de la base de votre sein d’abord : un implant plus large que cette base déborde sur le côté et se voit. La souplesse et l’épaisseur de la peau ensuite, appréciées en pinçant le haut du sein : une peau fine laisse deviner le bord de l’implant, une peau épaisse le masque. La hauteur de l’aréole par rapport au pli sous le sein enfin, qui dit si un simple ajout de volume suffira ou si la poitrine demandera aussi d’être remontée.

Ces trois mesures expliquent pourquoi deux femmes qui demandent « la même chose » ne repartent pas avec la même proposition.

Ce que chaque voie permet, et où elle s'arrête

L’implant

C’est la voie qui donne le volume le plus prévisible, et le seul moyen d’obtenir une augmentation importante en une intervention. L’implant est posé derrière la glande ou derrière le muscle, par une incision courte dans le pli sous le sein le plus souvent. Le résultat est visible immédiatement et ne dépend pas de ce que votre corps va faire de la greffe.

Ce que l’implant ne fait pas : il ne disparaît jamais du tableau. Vous devenez porteuse d’un dispositif, avec un suivi clinique régulier, une imagerie selon un calendrier que nous fixons ensemble, l’obligation de le signaler au radiologue avant tout examen du sein, et la possibilité d’une réintervention plus tard, pour une coque ou une rupture. Il ne corrige pas, à lui seul, une poitrine qui a descendu.

Un mot enfin sur le lymphome anaplasique associé aux implants mammaires, le BIA-ALCL. C’est une maladie rare, distincte du cancer du sein, décrite surtout avec les implants à surface texturée. Son signe d’appel principal est un gonflement d’un sein survenant tardivement, des années après la pose, par accumulation de liquide autour de l’implant. Il se traite, et d’autant mieux qu’il est pris tôt. Ce que cela implique pour vous tient en une phrase : un sein qui gonfle plusieurs années après une pose d’implant se montre, il ne s’attend pas.

Votre propre graisse

Le lipofilling consiste à prélever de la graisse par lipoaspiration, sur les hanches, les cuisses ou l’abdomen, à la préparer, puis à la réinjecter dans le sein en fines travées. Rien d’étranger n’est introduit. La zone de prélèvement s’affine dans le même temps, et l’effet sur la silhouette compte souvent autant que celui sur la poitrine.

Sa limite tient en un chiffre : il ne remplace pas un implant en termes de volume. Une partie de la graisse transférée ne prend pas, et le gain raisonnable à espérer se compte en une taille de bonnet, une taille et demie au mieux, souvent en deux séances. Il suppose aussi des zones donneuses suffisantes : une femme très mince n’a pas la matière première. Et il ne convient pas à une poitrine dont la peau est déjà distendue, parce que la graisse ne tend pas l’enveloppe, elle la remplit.

Les deux ensemble

La technique composite associe un implant de volume modéré et un lipofilling de couverture. L’implant donne la projection, la graisse déposée au-dessus adoucit le bord supérieur et épaissit une peau fine. C’est la solution des poitrines très minces où un implant seul se dessinerait sous la peau, et de celles qui veulent un volume franc sans l’aspect « posé » du haut du sein.

Ce qu’elle n’allège pas : aucune des contraintes de l’implant, puisqu’il y a un implant. Elle ajoute une lipoaspiration à l’intervention, donc une zone donneuse à faire cicatriser.

UNE TAILLE DE BONNET, PAS TROIS

C’est le malentendu le plus fréquent, et il porte presque toujours sur la graisse. Beaucoup de patientes arrivent en ayant lu que le lipofilling remplace les implants. Il les remplace pour certaines demandes et pas pour d’autres, et l’écart tient en un chiffre : le gain moyen d’une séance de lipofilling mammaire se situe autour d’une taille de bonnet.

Si votre demande est un décolleté qui se remplit dans un pull, la graisse y répond. Si votre demande est une poitrine visiblement plus généreuse, avec une projection nette, l’implant y répond et la graisse n’y répondra pas, quel que soit le nombre de séances.

Je préfère le dire en première consultation plutôt que de le faire découvrir après.

LES SITUATIONS OÙ JE NE PROPOSE PAS D'OPÉRER

Elles sont plus nombreuses qu’on ne l’imagine, et elles ne sont pas un refus.

Une poitrine que l’on trouve petite mais qui est proportionnée à un thorax étroit : l’augmenter donne un résultat qui se voit comme une intervention plutôt que comme une poitrine. Un poids qui n’a pas été stable ces derniers mois, ou un amaigrissement en cours : le sein va encore changer, et le volume implanté aujourd’hui ne correspondra pas à celui de l’an prochain. Une grossesse envisagée à court terme : la poitrine se modifie pendant et après, parfois beaucoup, et une intervention faite avant sera souvent à reprendre. Une demande formulée par quelqu’un d’autre que vous, ou motivée par une relation en cours : c’est la seule contre-indication que je ne discute pas.

S’y ajoutent les cas où le problème n’est pas le volume. Une aréole large et un sein qui semble « sortir » de sa base signent un sein tubéreux, qui demande d’ouvrir la glande et de la redistribuer avant de penser au volume. Un sein nettement plus petit que l’autre relève d’une correction d’asymétrie, qui répond à d’autres règles.

Lorsqu’une ptôse s’ajoute au manque de volume, augmenter le volume seul ne corrige pas nécessairement la position du sein ; la page consacrée à la poitrine tombante explique comment cette composante est évaluée.

Quelle que soit la voie retenue, il s’agit d’une intervention chirurgicale, avec ses risques propres : hématome, infection, troubles de la sensibilité du mamelon, cicatrisation défavorable, asymétrie résiduelle, reprise chirurgicale possible. Ils sont détaillés sur la fiche de chaque intervention et repris en consultation, dans le document d’information qui vous est remis.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Combien de temps un implant dure-t-il ?
Un implant n’est pas un dispositif à vie, mais il n’existe pas de règle de remplacement systématique à dix ans. On réintervient sur indication : rupture, coque, ou souhait d’un autre volume.

Peut-on allaiter après une augmentation ?
Le plus souvent oui, jamais garanti. La voie d’abord compte : une incision passant par le pourtour de l’aréole expose davantage les canaux galactophores qu’une incision dans le pli sous le sein. Si un projet d’allaitement existe, dites-le avant que le tracé ne soit choisi.

Faut-il attendre d’avoir eu ses enfants ?
Pas nécessairement, mais il faut savoir qu’une grossesse modifiera le résultat, et parfois assez pour justifier une reprise. Si un projet d’enfant existe à court terme, je conseille d’attendre.

Peut-on choisir sa taille de bonnet ?
On choisit un volume en centimètres cubes et une forme, pas une lettre. La correspondance avec les bonnets varie d’une marque de lingerie à l’autre, et la même prothèse ne donne pas le même bonnet sur deux thorax différents. Nous travaillons sur des essayages, pas sur une lettre.

Le tabac change-t-il quelque chose ?
Beaucoup, et davantage encore pour le lipofilling que pour l’implant : la nicotine ferme les petits vaisseaux qui doivent nourrir la graisse transférée. Arrêt complet un mois avant et un mois après, cigarette électronique comprise.

Parlons-en en consultation

On examine, on explique, on décide ensemble. Rien ne se fait le jour même.

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