ALLÉGER UNE POITRINE TROP LOURDE

En résumé

  • De quoi il s’agit : Une poitrine trop lourde : douleurs du dos et de la nuque, sillons de bretelles, irritations sous le sein, gêne au sport
  • Les options : La réduction mammaire soulage d’abord ces douleurs, souvent dans les semaines qui suivent
  • Les suites : La réduction laisse des cicatrices, qui pâlissent sur 1 à 2 ans
  • À savoir : Prise en charge possible par l’INAMI à des conditions précises, avec accord préalable

Le dos, les épaules, et la peau sous le sein

Elle répond d’abord à une douleur, et c’est l’une des rares chirurgies du sein dont

Une poitrine lourde ne se raconte pas en bonnets, elle se raconte en journées. Les douleurs du haut du dos et de la nuque qui s’installent en fin d’après-midi. Les sillons creusés par les bretelles, parfois profonds au point de rester marqués le soir. La macération et les irritations dans le pli sous le sein, l’été en particulier. La difficulté à courir, à s’habiller, à trouver un soutien-gorge qui tienne. Et la façon de se tenir, épaules enroulées vers l’avant, qui aggrave le mal de dos.

Une partie des patientes ajoute autre chose, plus rarement dit : le regard porté sur elles depuis l’adolescence, et l’habitude de s’habiller pour effacer une poitrine plutôt que pour se plaire.

C’est cet ensemble, et non un chiffre, qui fait poser l’indication.

Le soulagement arrive avant la posture

Le soulagement des douleurs dorsales et cervicales est le bénéfice le plus constant, et il est souvent rapide, dans les semaines qui suivent. Le confort à l’habillage et au sport suit. La correction posturale, elle, demande davantage de temps et parfois de la kinésithérapie, parce que des années de position enroulée ne se défont pas en un mois.

Quatre cents grammes, quatorze centimètres

Trois conditions sont posées, et elles se cumulent :

– un indice de masse corporelle inférieur à 35 ; – une résection d’au moins 400 grammes par sein, pesée pendant l’intervention ; – une distance entre le mamelon et le pli sous-mammaire d’au moins 14 centimètres, ramenée à 12 centimètres lorsque les plaintes fonctionnelles sont documentées.

CE QUE « ACCORD PRÉALABLE » VEUT DIRE, CONCRÈTEMENT

RÉDUIRE N'EST PAS SEULEMENT ENLEVER

L’intervention retire de la glande et de la peau, mais son geste central est ailleurs : il consiste à remonter l’aréole et à reconstruire un sein plus petit et plus haut autour d’elle. Une poitrine simplement allégée sans être remontée serait un sein tombant plus léger, ce qui ne satisfait personne.

D’où les cicatrices, qui suivent les mêmes tracés que le lifting mammaire : autour de l’aréole avec un trait vertical, ou en ancre lorsque la réduction est importante. Elles sont plus visibles les premiers mois, puis pâlissent sur un à deux ans.

Le lifting mammaire vise principalement à remonter et remodeler le sein ; la réduction mammaire associe à ce remodelage une diminution de son volume.

Une question revient : peut-on se contenter d’une liposuccion ? Sur une poitrine à dominante graisseuse, chez une patiente dont l’aréole est bien placée et la peau tonique, une lipoaspiration mammaire seule allège sans cicatrice notable. Ces situations existent, mais elles sont minoritaires,. Sur une poitrine glandulaire, la liposuccion seule ne fait presque rien.

LA SENSIBILITÉ ET L'ALLAITEMENT, DEUX QUESTIONS QU'ON POSE RAREMENT À VOIX HAUTE

L’aréole reste rattachée à la glande par un pédicule, ce qui préserve dans la grande majorité des cas sa sensibilité et la possibilité d’allaiter. Une baisse de sensibilité transitoire est fréquente les premiers mois. Une perte durable reste possible, et son risque augmente avec l’importance de la réduction : c’est un point que j’aborde systématiquement quand la résection prévue est très importante.

Pour l’allaitement, la réponse honnête est : souvent possible, jamais garanti, et d’autant moins que la réduction est importante. Si un projet d’enfant existe à court terme, la question mérite d’être posée avant de fixer une date.

QUAND CE N'EST PAS LA GLANDE

Trois situations demandent autre chose qu’une réduction.

Une prise de poids récente et importante : le sein a grossi comme le reste, et une perte de poids en réduira une partie. On réévalue après stabilisation.

Une adolescente dont la poitrine a pris un volume rapide et important. La croissance mammaire doit être terminée et le volume stable depuis au moins un an avant d’envisager un geste, sauf retentissement majeur qui se discute au cas par cas.

Une poitrine qui paraît lourde alors qu’elle est surtout descendue. Le poids n’est pas en cause, la position l’est, et c’est un lifting qu’il faut, pas une réduction.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Est-ce que je perdrai du poids ?
Le poids du tissu retiré, généralement entre 800 grammes et deux kilos. La réduction mammaire n’est pas une chirurgie de l’amaigrissement ; elle en est parfois l’origine indirecte, quand le sport redevient possible.

Les seins vont-ils regrossir ?
Pas la glande retirée. En revanche une prise de poids, une grossesse ou un traitement hormonal peuvent augmenter ce qui reste.

Une mammographie est-elle demandée avant ?
Oui à partir de l’âge où le dépistage est recommandé, et dans tous les cas s’il existe des antécédents familiaux. Le tissu retiré est par ailleurs systématiquement envoyé en analyse.

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