CORRIGER UNE ASYMÉTRIE MAMMAIRE

En résumé

  • De quoi il s’agit : Aucune poitrine n’est parfaitement symétrique : la plupart des asymétries ne demandent aucun geste
  • Les indications : Le seuil se mesure en gêne (un bonnet à rembourrer, un maillot que l’on évite), jamais en centimètres
  • Les limites : Une correction ne rend pas les deux seins identiques
  • À savoir : L’INAMI n’intervient que pour une malformation, dans trois situations décrites sur la page

Aucune poitrine n'est symétrique

Les deux seins ne sont jamais identiques. La vraie question est de savoir à partir de quand cela se corrige.

C’est vrai de presque toutes les femmes, et cela n’a rien d’une anomalie. Un sein légèrement plus volumineux, une aréole un peu plus haute, une base un peu plus large : c’est la règle, pas l’exception. La plupart des patientes qui viennent me voir pour ce motif ont une poitrine dont l’asymétrie ne se remarque pas une fois habillées, et qui ne demande aucun geste.

Le seuil utile se mesure en gêne, jamais en centimètres. Une différence qui vous oblige à rembourrer un bonnet, qui se voit sous un vêtement ajusté, ou qui vous empêche de vous montrer en maillot mérite d’être discutée. Une différence que vous êtes seule à voir dans le miroir, en vous regardant de face, à un mètre, ne le mérite pas nécessairement.

Une correction chirurgicale ne produit pas non plus deux seins identiques. Elle réduit un écart. C’est le résultat qu’il faut avoir en tête avant de décider.

Quatre asymétries qui ne se corrigent pas de la même façon

Une asymétrie se décompose, et la décomposer change le traitement.

Une différence de volume pure, avec deux seins de même forme et deux aréoles à la même hauteur, est la plus simple à corriger : on ajoute d’un côté ou on retire de l’autre.

Une différence de hauteur d’aréole ou de position, avec des volumes voisins, relève d’un geste de repositionnement d’un seul côté, pas d’un ajout de volume.

Une différence de forme : une base étroite, une aréole large, un sein qui paraît sortir de son socle d’un seul côté. C’est un sein tubéreux unilatéral, et il demande d’ouvrir la glande et de la redistribuer avant toute question de volume.

Et une asymétrie qui ne vient pas du sein du tout. Une scoliose, un thorax en entonnoir, une différence de projection des côtes d’un côté : le sein est alors symétrique mais posé sur un support qui ne l’est pas. Ajouter du volume à un sein dans ce cas ne corrige pas l’impression générale, et c’est un lipofilling de la paroi thoracique qui répond, pas une chirurgie mammaire.

CE QUI RELÈVE ENCORE DE LA CROISSANCE

Chez une adolescente ou une jeune femme, une asymétrie apparue à la puberté peut encore évoluer, y compris se corriger d’elle-même. La nomenclature exige un volume stable depuis au moins un an pour les aplasies congénitales, et c’est aussi la règle que je suis en pratique, quelle que soit la cause.

Ce délai n’est pas une manière d’éconduire. Opérer une poitrine qui n’a pas fini de se former revient à créer une nouvelle asymétrie quelques années plus tard, dans l’autre sens.

Le retentissement psychologique d’une asymétrie marquée à cet âge se prend au sérieux. Il justifie d’en parler, d’examiner, de mesurer, et de fixer un rendez-vous à un an ; il ne justifie pas d’anticiper l’intervention.

CORRIGER LE PETIT, RÉDUIRE LE GRAND, OU LES DEUX

Augmenter le plus petit. Par implant unilatéral, quand la différence est importante et que la forme des deux seins est comparable. Par lipofilling, quand la différence est modérée et que l’on souhaite éviter d’introduire un implant d’un seul côté, avec ce que cela suppose de surveillance et de vieillissement différent des deux côtés. Le lipofilling a ici un avantage réel : il se dose finement et peut se reprendre.

Lorsqu’une différence de volume participe à l’asymétrie, les mesures qui décident de ce que l’on peut ajouter d’un côté sont les mêmes que pour les deux seins : la page augmenter le volume des seins les détaille.

Réduire ou remonter le plus grand. Quand le sein le plus volumineux est aussi celui qui pèse et qui descend, c’est souvent la réponse la plus simple, et elle évite tout implant. Elle laisse une cicatrice d’un seul côté.

Agir des deux côtés. C’est fréquent, et souvent le seul moyen d’obtenir un résultat cohérent : un implant de volume dans un sein et un implant d’un autre volume dans l’autre, ou un implant d’un côté et un lifting de l’autre. Deux gestes différents, une seule intervention.

Ne rien faire. C’est une option, et je la propose quand l’écart est faible, quand la demande est née d’une comparaison de photographies plutôt que d’une gêne, ou quand la correction produirait plus de contraintes que l’asymétrie n’en produit.

LE CAS OÙ L'INAMI INTERVIENT

L’asymétrie est l’un des rares domaines de la chirurgie du sein où une prise en charge existe en dehors de la reconstruction, à condition qu’il s’agisse d’une malformation et non d’une variation. La nomenclature belge prévoit trois situations, toutes soumises à l’accord préalable du médecin-conseil :

– une aplasie ou hypoplasie congénitale avec absence de tissu mammaire, dont le syndrome de Poland est la forme la mieux connue, avec l’exigence d’un volume stable depuis au moins un an ; – une hypoplasie hétérolatérale congénitale majeure, c’est-à-dire un sein normalement développé et l’autre non, qui peut relever d’une plastie de réduction du côté sain pour rétablir l’équilibre ; – un sein tubéreux de grade 2 ou 3, corrigé par plastie mammaire avec prothèse ou expandeur.

Les codes de plastie couvrent la lipostructure et la liposuccion réalisées dans le même temps. Une asymétrie acquise, apparue après une grossesse ou une variation de poids, n’entre dans aucune de ces catégories et reste un acte esthétique.

UNE ASYMÉTRIE QUI APPARAÎT, CELA S'EXAMINE

Un point à part, et il est important. Une asymétrie présente depuis l’adolescence est une question esthétique. Une asymétrie nouvelle chez une femme adulte, un sein qui change de volume ou de forme en quelques mois, une rétraction cutanée, un mamelon qui se rétracte ou qui s’écoule, une peau qui prend un aspect de peau d’orange : cela demande d’abord un examen et une imagerie, pas une consultation de chirurgie esthétique.

Dans l’immense majorité des cas, il ne s’agit de rien de grave. Mais la première consultation sert à l’écarter, et je ne fixe aucune intervention avant d’avoir ce résultat.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quelle différence de volume justifie une correction ?
Il n’existe pas de seuil officiel. En pratique, une différence qui se voit habillée, ou qui oblige à compenser dans le soutien-gorge, est celle qui amène les patientes à consulter et qui justifie d’en discuter.

Deux implants de volumes différents, cela se voit ?
Non, c’est courant et c’est précisément le but. Ce qui se voit, c’est de poser deux implants identiques sur deux seins qui ne le sont pas.

Un implant d’un seul côté vieillira-t-il différemment de l’autre sein ?
Oui, et c’est l’argument principal en faveur du lipofilling quand la différence est modérée. Le sein non opéré continue de suivre vos variations de poids et l’âge, l’implant non.

L’asymétrie peut-elle revenir après l’intervention ?
Elle peut se rouvrir partiellement, surtout après une grossesse ou une variation de poids importante. On corrige un écart, on ne fige pas une poitrine.

Mon aréole est plus grande d’un côté, cela se corrige-t-il ?
Oui, par un geste sur l’aréole elle-même, qui laisse une cicatrice à sa périphérie. Il se combine volontiers à une autre correction.

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