REMONTER UNE POITRINE TOMBANTE

En résumé

  • De quoi il s’agit : Ptôse : mamelon à hauteur du pli sous le sein ou en dessous ; au-dessus, le sein n’est pas tombé au sens chirurgical
  • Les options : Selon l’examen : un lifting suffit, un implant s’y ajoute, ou mieux vaut attendre
  • Les limites : Il n’existe pas de lifting mammaire sans cicatrice

Tout se joue entre le mamelon et le pli sous le sein

Le volume et la position sont deux problèmes distincts. Le traitement dépend de celui qui vous gêne.

Il existe une définition simple de la ptôse mammaire, et elle ne dépend ni du volume de la poitrine ni de son aspect général. On regarde où se situe le mamelon par rapport au sillon sous-mammaire, c’est-à-dire au pli qui marque la base du sein.

Tant que le mamelon reste au-dessus de ce pli, la poitrine n’est pas tombée au sens chirurgical, même si elle vous paraît moins ferme. Quand il arrive à hauteur du pli, la ptôse est modérée. Quand il passe en dessous, et a fortiori quand il pointe vers le sol, elle est franche.

Une situation trompeuse mérite d’être nommée : le mamelon est bien placé, mais la glande a glissé sous lui et le sein paraît vide en haut et lourd en bas. C’est une pseudoptôse, et elle ne se corrige pas comme une vraie ptôse.

Le test que vous avez déjà fait devant votre miroir

Beaucoup de patientes arrivent en ayant fait le test du crayon, glissé sous le sein pour voir s’il tient. Il donne une indication grossière et il n’a jamais servi à décider d’une intervention. Il ne dit rien de la position réelle de l’aréole, rien de la qualité de la peau, rien du volume restant.

Ce que je regarde en consultation, debout et non allongée : la position du mamelon par rapport au pli, la distance entre la clavicule et le mamelon, la quantité de peau en excès sous l’aréole, la souplesse de cette peau quand on la pince, et ce qui reste de volume dans le haut du sein. Ces cinq éléments décident de la technique, et surtout du tracé de la cicatrice.

Ce qui remonte, et ce qui remplit

Le lifting mammaire seul

On retire la peau en excès, on remonte la glande et l’aréole, et on referme sur un sein plus haut et plus ferme, sans changer son volume. C’est le geste des poitrines qui ont encore de la matière et dont la gêne porte uniquement sur la position.

Sa limite : il ne remplit pas le haut du sein. Une patiente dont le pôle supérieur est creux et qui espère un décolleté rond sera déçue par un lifting seul, correctement réalisé.

L’implant seul

Sur une ptôse débutante, avec une peau encore tonique, remplir suffit parfois à remonter : l’implant reprend le volume du haut du sein et repositionne l’aréole vers l’avant. Cela évite entièrement les cicatrices d’un lifting.

Ce qu’il ne fait pas : il ne ramasse pas la peau. Au-delà d’une ptôse débutante, un implant posé seul remplit sans remonter : le sein paraît chargé par le bas, avec un mamelon qui regarde encore vers le sol. C’est la limite à connaître avant de choisir d’éviter les cicatrices à tout prix.

Le lifting et l’implant ensemble

C’est la réponse la plus fréquente après plusieurs grossesses : la peau a été distendue et le volume a diminué. On remonte, et on redonne au haut du sein ce qu’il a perdu. Les deux gestes se font dans le même temps opératoire.

Ce qu’elle demande : d’accepter à la fois les cicatrices du lifting et la surveillance de l’implant.

Le lipofilling

Utilisé seul, il convient à une pseudoptôse ou à une ptôse minime chez une patiente qui refuse tout implant. Utilisé en complément d’un lifting, il redonne du galbe au pôle supérieur sans corps étranger.

Il ne remonte rien : la graisse remplit, elle ne tend pas la peau.

PARLONS DE LA CICATRICE, TOUT DE SUITE

C’est la question qui décide, chez la plupart des patientes, et il vaut mieux la poser en début de consultation plutôt qu’en fin. Il n’existe pas de lifting mammaire sans cicatrice. Il en existe trois tracés, et le choix ne m’appartient pas entièrement : c’est la quantité de peau à retirer qui commande.

Une cicatrice autour de l’aréole seule, pour les ptôses minimes. Une cicatrice autour de l’aréole prolongée d’un trait vertical jusqu’au pli, pour la majorité des cas. Et une cicatrice en ancre, qui ajoute un trait horizontal dans le pli, quand l’excès de peau est important.

Ces tracés sont aussi ceux d’une réduction mammaire. La ptôse décrit surtout la position du sein, tandis qu’une poitrine trop lourde pose également la question de son volume et de son poids ; les deux situations peuvent être associées.

Une patiente qui exige le premier tracé alors que sa poitrine relève du troisième obtiendra un résultat qui se relâchera en quelques mois, avec une aréole élargie. Je préfère ne pas opérer plutôt que de promettre cela.

CE QU'AUCUNE TECHNIQUE NE GARANTIT

Un sein remonté redescend. Pas au point de départ, et pas au même rythme, mais la pesanteur, la peau et le temps reprennent leur travail. Ce qui accélère nettement ce mouvement : une grossesse après l’intervention, une variation de poids importante, le tabac, et une poitrine lourde dès le départ.

Le résultat se juge à trois mois, quand le sein s’est « posé ». Dans les premières semaines, il paraît trop haut et trop rond, ce qui inquiète régulièrement les patientes alors que c’est le déroulement attendu.

TROIS RAISONS D'ATTENDRE

Si vous envisagez une grossesse dans les deux ou trois ans, attendez. Une poitrine remontée puis regonflée puis dégonflée par un allaitement demandera souvent une reprise, et cette reprise sera plus difficile que la première intervention.

Si vous avez perdu du poids récemment ou si une perte est en cours, attendez la stabilisation, six à douze mois après le palier. La peau continue de se rétracter pendant cette période, et le tracé dessiné aujourd’hui ne serait plus le bon.

Si vous fumez, l’arrêt complet un mois avant et un mois après conditionne l’intervention. Le lifting mammaire décolle largement la peau, et la nicotine ferme les vaisseaux qui la nourrissent.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Peut-on remonter la poitrine sans cicatrice ?
Non. Retirer de la peau laisse toujours une trace. Ce qui se travaille, c’est l’endroit où on la place et l’absence de tension à la fermeture, qui commande la finesse du trait. Sur une ptôse débutante, une augmentation par implant seul peut suffire, et elle n’ajoute qu’une courte incision.

Le lifting fait-il perdre du volume ?
Il n’en retire pas volontairement, mais un sein remonté et resserré paraît souvent un peu plus petit qu’avant, parce qu’il est plus compact. Les patientes qui veulent conserver l’impression de volume associent un implant ou un lipofilling.

La sensibilité du mamelon est-elle touchée ?
Une modification transitoire est fréquente et récupère en quelques mois. Une perte durable reste possible, plus fréquente quand la remontée de l’aréole est importante.

Combien de temps avant de reprendre le sport ?
Marche dès les premiers jours, activité sans impact ni mouvement de bras à trois ou quatre semaines, course et musculation du haut du corps à six semaines. Le soutien-gorge de contention se porte jour et nuit pendant six semaines.

Parlons-en en consultation

On examine, on explique, on décide ensemble. Rien ne se fait le jour même.

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