CELLULITE

En résumé

  • De quoi il s’agit : La cellulite concerne la grande majorité des femmes, minces ou non
  • Ce qui l’explique : Des cloisons fibreuses qui retiennent la peau vers le fond, pas un excès de graisse
  • Les limites : Aucun traitement ne la fait disparaître : on peut seulement atténuer l’aspect capitonné
  • À savoir : Parfois, le plus juste est de ne rien entreprendre

Des cloisons, pas de la graisse

Cette page va vous décevoir, et c’est volontaire. La cellulite est le sujet sur lequel circulent le plus de promesses, et celui pour lequel il existe le moins de solutions réelles. Autant le dire dès le début : aucun traitement ne fait disparaître la cellulite.

Ce qu’il est possible de faire est plus limité, mais réel. Encore faut-il comprendre pourquoi le problème résiste autant, parce que la raison est anatomique et qu’elle explique l’échec de presque tout ce qui est proposé par ailleurs.

Deux choses méritent d’être posées avant tout le reste. La cellulite n’est pas une maladie. Et elle concerne la grande majorité des femmes, quel que soit leur poids, y compris des femmes minces et sportives.

Entre la peau et le muscle se trouve une couche de graisse traversée par des cloisons fibreuses verticales, un peu comme des cordages tendus qui relient le derme aux plans profonds. Chez la femme, ces cloisons sont majoritairement perpendiculaires à la peau, ce qui laisse aux lobules graisseux la possibilité de remonter entre elles. Chez l’homme, elles sont plutôt obliques et forment un maillage croisé, ce qui explique que le capitonné y soit rare.

L’aspect que vous voyez résulte de deux mouvements simultanés. Les cloisons tirent la peau vers le bas et créent les dépressions, les creux, ce qu’on appelle les fossettes. Entre elles, les lobules de graisse font hernie vers le derme et forment les reliefs. Le résultat est cette surface irrégulière, visible en pleine lumière ou lorsqu’on pince la peau.

La conséquence est directe et il faut l’énoncer sans détour : une dépression provoquée par une cloison fibreuse tendue ne disparaît que si cette cloison est sectionnée. Aucune crème ne traverse le derme pour aller couper une bride de collagène. Aucun massage, aussi appuyé soit-il, ne la rompt. Aucune énergie diffusée depuis la surface, radiofréquence, ultrasons ou laser, ne la coupe sélectivement. Les seules approches ayant montré un effet documenté sur les dépressions elles-mêmes agissent mécaniquement sur ces cloisons, et la plupart d’entre elles ne sont pas commercialisées en Europe.

La circulation, la rétention d’eau et l’inflammation locale peuvent aggraver l’aspect, notamment en fin de journée ou à certains moments du cycle. Elles n’en sont pas la cause.

La confusion la plus fréquente porte sur le volume : une culotte de cheval correspond principalement à un excès graisseux localisé, tandis que la cellulite concerne surtout l’architecture de la peau et du tissu sous-cutané. La liposuccion ne constitue donc pas un traitement direct des capitons de cellulite.

Le seul levier honnête

Améliorer la qualité et l’épaisseur de la peau

Une peau plus épaisse et plus dense laisse moins transparaître ce qui se passe dessous. C’est le seul levier honnête dont nous disposons sur l’aspect de surface. Le Morpheus 8 associe des micro-aiguilles et de la radiofréquence pour stimuler la production de collagène dans le derme et améliorer sa densité au fil de plusieurs séances.

Ce qu’il ne fait pas : il ne sectionne aucune cloison, ne supprime aucune fossette et ne retire pas de graisse. L’amélioration porte sur la texture et la fermeté, elle est progressive, partielle, et elle demande un entretien. Comptez plusieurs séances espacées de quatre à six semaines, avec des rougeurs et un aspect quadrillé pendant deux à quatre jours.

La mésothérapie

La mésothérapie consiste en des micro-injections superficielles destinées à hydrater le derme et à améliorer la qualité du tissu. Elle peut apporter un mieux sur l’aspect général de la peau et sur la sensation de jambes lourdes chez certaines patientes.

Ce qu’elle ne fait pas : elle ne détruit pas la graisse, elle ne modifie pas l’architecture fibreuse et elle ne fait pas disparaître le capitonné. Les séances sont répétées, les suites se limitent à de petits points rouges et parfois quelques bleus pendant quelques jours. Le bénéfice, quand il existe, est d’ordre cosmétique et s’entretient.

La liposuccion, quand il existe une vraie surcharge

Si la zone comporte un excès de graisse localisé, la liposuccion le retire et améliore la silhouette. C’est une indication de volume, pas de cellulite.

Ce qu’elle ne fait pas, et c’est important : elle ne traite pas la cellulite, et mal conduite, elle peut l’accentuer. Retirer de la graisse de façon irrégulière ou trop superficielle accentue les dépressions existantes et en crée de nouvelles. Sur une peau peu tonique, le résultat peut aggraver l’aspect de surface, question développée sur la page consacrée au relâchement de la peau du corps. Les suites comportent compression, ecchymoses et œdème pendant plusieurs semaines.

CE QU'AUCUN TRAITEMENT NE FAIT DISPARAÎTRE

Il faut l’écrire clairement : aucun traitement ne fait disparaître la cellulite. Ce qui est accessible, c’est une atténuation de l’aspect par l’amélioration de la peau, et une correction du volume quand il y a un excès. Les résultats varient beaucoup d’une personne à l’autre, ils sont modestes, et ils ne se maintiennent que si l’on entretient. Une patiente qui recherche une peau lisse sera déçue, quel que soit le protocole.

PARFOIS, NE RIEN ENTREPRENDRE

La consultation commence par un examen debout, en lumière rasante, en pinçant la peau et en la mobilisant pour distinguer ce qui relève des cloisons, ce qui relève du volume graisseux et ce qui relève d’un relâchement cutané. Ces trois composantes coexistent souvent en proportions différentes selon les zones, et elles n’appellent pas les mêmes propositions.

Les traitements de qualité de peau et la mésothérapie relèvent de la médecine esthétique et sont pris en charge par le Dr Anouk Herszkowicz. Les gestes chirurgicaux relèvent d’une consultation distincte.

Il arrive souvent que la conclusion soit de ne rien entreprendre. Savoir que ce que vous avez est banal, sans gravité, et que personne ne peut le supprimer, vaut parfois mieux qu’une série de séances qui ne tiendront pas leurs promesses.

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