L'AUGMENTATION MAMMAIRE PAR LIPOFILLING

En résumé

  • But de l’intervention : Augmenter le volume et corriger la forme du sein avec votre propre graisse
  • Durée de l’intervention : 2 à 3 heures
  • Type d’anesthésie : Générale
  • Durée du séjour : Hospitalisation de jour
  • Éviction sociale : 5 à 10 jours

L'AUGMENTATION MAMMAIRE PAR LIPOFILLING EN RÉSUMÉ

But de l’intervention

Augmenter le volume et corriger la forme du sein avec votre propre graisse

Durée de l’intervention

2 à 3 heures

Type d’anesthésie

Générale

Durée du séjour

Hospitalisation de jour

Éviction sociale

5 à 10 jours

Une intervention qui prend d'un côté pour donner de l'autre

Augmenter la poitrine avec sa propre graisse, sans rien introduire d’étranger.

Le lipofilling est l’une des réponses possibles à des seins jugés trop petits, à des seins vidés après une grossesse et à une asymétrie mammaire. Selon le volume souhaité, d’autres options existent.

Le lipofilling mammaire se déroule en trois temps dans la même séance. On prélève de la graisse par lipoaspiration douce, le plus souvent sur les hanches, la face interne des cuisses ou l’abdomen. On la prépare, en éliminant le sérum et l’huile pour ne garder que les cellules graisseuses intactes. Puis on la réinjecte dans le sein, non pas en une poche mais en dizaines de fines travées réparties dans plusieurs plans, sous la peau, autour de la glande, dans le muscle et devant lui.

Cette dernière précision explique tout le reste. La graisse transférée n’a pas de vascularisation propre : elle doit se faire adopter par les tissus qui l’entourent. Une travée fine, entourée de tissu vivant sur toute sa surface, prend. Une masse déposée d’un bloc ne se nourrit qu’en périphérie et son centre se nécrose. C’est la raison pour laquelle l’intervention est longue au regard du volume déplacé, et pourquoi le volume qu’on peut ajouter en une séance est limité.

Un volume modeste, un rendu naturel

Le tissu ajouté étant de même nature que celui qui l’entoure, le résultat est le plus souvent naturel au toucher comme à la vue. Il affine la zone de prélèvement, et cet effet sur la silhouette pèse autant, chez certaines patientes, que le gain de volume. Il n’introduit aucun dispositif, donc aucune coque, aucune rupture, aucune surveillance d’implant. Il se dose finement, ce qui le rend particulièrement adapté aux asymétries modérées et aux creux localisés du pôle supérieur.

Ce qu’il ne fait pas : il ne donne pas un volume important. Le gain raisonnable d’une séance se situe autour d’une taille de bonnet, une et demie chez une patiente bien pourvue en zones donneuses. Il ne remonte pas un sein qui a descendu : il remplit, il ne tend pas. Et il suppose d’avoir de la graisse à prélever, ce qui exclut les patientes très minces, qui sont souvent celles qui le demandent.

Un décolleté qui ne soit plus plat, ou une vraie poitrine ?

1. Ce que vous venez chercher, dans vos mots

Une patiente qui dit « je voudrais juste que mon décolleté ne soit plus plat » et une patiente qui dit « je voudrais une vraie poitrine » ne demandent pas la même intervention. La première relève du lipofilling, la seconde de l’implant. Cette distinction se fait au premier rendez-vous, et elle évite une déception qui ne se rattrape pas.

2. L’examen du sein

J’apprécie la souplesse et l’épaisseur de la peau, le volume glandulaire existant, la position de l’aréole par rapport au pli sous le sein, et la largeur de la base. Un sein souple, avec une enveloppe qui accepte de se distendre, reçoit mieux la greffe qu’un sein serré.

3. L’examen des zones donneuses

C’est le second examen, et il conditionne le premier. Je regarde les hanches, la face interne des cuisses, l’abdomen et la région lombaire, debout puis allongée, pour évaluer le volume prélevable sans creuser. Si les réserves sont insuffisantes, je le dis à ce moment, et nous parlons d’autre chose.

4. Le volume atteignable, en clair

Je vous donne un ordre de grandeur en centimètres cubes et son équivalent approximatif en bonnet, et je vous dis si une seconde séance est probable. Je ne promets jamais un volume précis, parce que la part de graisse qui prend varie d’une patiente à l’autre.

5. L’imagerie

Une échographie ou une mammographie selon votre âge et vos antécédents, avant l’intervention. Elle sert de référence : les images futures se liront par rapport à celle-là. Un antécédent familial de cancer du sein ne contre-indique pas le lipofilling, mais il rend cet examen de départ indispensable. Un antécédent personnel de cancer du sein, ou une mutation connue de type BRCA, change la nature de la discussion : l’indication se prend alors avec votre oncologue, et non en consultation d’esthétique.

6. Les risques, dits clairement

La résorption partielle de la greffe fait partie du déroulement normal : une part de la graisse transférée disparaît dans les trois à quatre premiers mois. La cytostéatonécrose, c’est-à-dire des nodules de graisse qui ne se sont pas revascularisés, se rencontre et se palpe ; elle est bénigne, elle est reconnue par les radiologues, et elle peut demander une ponction si elle gêne. S’y ajoutent les risques communs à toute chirurgie : hématome, infection, irrégularités de la zone de prélèvement, asymétrie résiduelle. L’embolie graisseuse est exceptionnelle et dépend de la technique d’injection, qui reste à basse pression et sous contrôle du trajet de la canule.

7. Votre santé et vos traitements

Antécédents, médicaments, compléments alimentaires. Les anticoagulants, l’aspirine et les anti-inflammatoires se suspendent selon un calendrier précis. Le tabac est le point sur lequel je ne transige pas, et il compte davantage ici que pour une pose d’implant : la nicotine ferme les petits vaisseaux dont dépend la survie de la greffe. Arrêt complet un mois avant et un mois après, cigarette électronique comprise.

8. Le poids

Le résultat suit vos variations pondérales, puisque la graisse greffée reste de la graisse. Une perte de poids importante après l’intervention réduira le volume obtenu. Un poids stable est donc à la fois une condition d’indication et une consigne pour la suite.

VOTRE INTERVENTION

Comment se passe la journée

Vous arrivez à jeun le matin. Debout, je trace les zones de prélèvement et les repères du sein, parce que la répartition de la graisse n’est pas la même couchée que debout.

L’intervention se déroule sous anesthésie générale. Le prélèvement se fait par des incisions de quelques millimètres, à la canule fine et à faible dépression, pour ne pas abîmer les cellules. La graisse est ensuite décantée et centrifugée selon les cas, puis chargée dans des seringues.

La réinjection se fait par deux à quatre points d’entrée autour du sein. Je dépose la graisse en retirant la canule, travée par travée, en croisant les directions et en changeant de plan, de façon à ce qu’aucune travée ne soit isolée de son environnement. C’est le temps le plus long de l’intervention.

Comptez deux à trois heures selon le volume. Vous rentrez chez vous le soir même, accompagnée.

APRÈS L'INTERVENTION

Les premiers jours

Le sein est gonflé et paraît plus volumineux qu’il ne le sera : c’est de l’œdème, pas du résultat. Les zones de prélèvement sont plus douloureuses que le sein lui-même, sur le mode d’une courbature importante, avec des ecchymoses qui virent au jaune sur deux à trois semaines. Un vêtement de compression se porte sur les zones prélevées.

Ce que vous avez à faire

Sur les zones de prélèvement : porter la compression jour et nuit pendant quatre à six semaines. Sur le sein : le contraire de ce que l’on croit. Ne pas comprimer, ne pas masser, ne pas porter de soutien-gorge serré à armatures pendant les premières semaines. Une pression sur un sein qui vient d’être greffé écrase les travées avant qu’elles ne soient vascularisées. Ne pas dormir sur le ventre pendant un mois.

Le sport reprend à quatre semaines pour le bas du corps, six semaines pour le haut.

Le résultat, et son calendrier

Le volume diminue pendant trois à quatre mois, puis se stabilise. Le volume encore présent à quatre mois est celui qui se maintiendra, et il suivra ensuite vos variations de poids comme le reste de votre graisse.

C’est la période la plus inconfortable psychologiquement, parce que l’on voit son sein diminuer semaine après semaine sans savoir où cela s’arrêtera. Je préviens systématiquement, et je revois les patientes à un mois, trois mois et six mois.

La seconde séance

Elle est fréquente, et elle n’est pas un échec. Une première greffe prépare le terrain en épaississant l’enveloppe ; la seconde y ajoute davantage et tient mieux. On l’envisage à partir de quatre à six mois, sur les mêmes zones donneuses ou sur d’autres.

La surveillance du sein

Le lipofilling n’empêche ni la mammographie, ni l’échographie, ni leur interprétation. Les images de cytostéatonécrose sont connues et identifiées, à condition que le radiologue sache que vous avez eu un lipofilling. Signalez-le avant tout examen, comme on signale un implant. Le dépistage se poursuit selon le calendrier habituel de votre âge.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quel volume peut-on gagner en une séance ?
En pratique, l’équivalent d’une taille de bonnet, une et demie au mieux. Une patiente qui veut davantage sera mieux servie par un implant, ou par un implant complété de graisse.

Combien de graisse survit ?
Une part variable, que l’on connaît seulement à trois ou quatre mois. La technique d’injection, la qualité des tissus receveurs, le tabac et le poids pèsent davantage sur ce chiffre que le volume injecté.

Faut-il prendre du poids avant l’intervention ?
Non. Se faire grossir volontairement pour disposer de zones donneuses conduit à greffer une graisse que le corps reperdra ensuite, et le résultat fond avec le poids.

Peut-on associer le lipofilling à un implant ?
Oui, et c’est même une bonne indication chez les patientes très minces : l’implant donne la projection, la graisse déposée au-dessus adoucit le bord supérieur et masque le contour.

Est-ce compatible avec l’allaitement ultérieur ?
Le lipofilling n’intervient pas sur les canaux galactophores, et c’est de ce point de vue la voie la moins exposée. Comme pour toute chirurgie du sein, personne ne peut le garantir.

Y a-t-il un lien avec le cancer du sein ?
Les travaux publiés à ce jour ne montrent pas d’augmentation du risque après un lipofilling mammaire. Ce qui reste indispensable, c’est l’imagerie de référence avant l’intervention et le maintien du dépistage habituel.

Les cicatrices ?
Elles se limitent à des points de quelques millimètres, aux entrées de canule sur le sein et sur les zones de prélèvement.

POUR ALLER PLUS LOIN

But de l’intervention

Augmenter le volume et corriger la forme du sein avec votre propre graisse

Durée de l’intervention

2 à 3 heures

Type d’anesthésie

Générale

Durée du séjour

Hospitalisation de jour

Éviction sociale

5 à 10 jours

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