CHANGER OU RETIRER MES IMPLANTS
En résumé
- De quoi il s’agit : On ne change pas ses implants mammaires tous les 10 ans : pas de durée de vie annoncée, on réopère sur indication
- Les indications : Une rupture confirmée, une coque (capsule épaisse et rétractile) qui déforme ou fait mal, ou le souhait d’un autre volume
- À contrôler : Une rupture est souvent silencieuse : un contrôle par imagerie est conseillé tous les 1 à 2 ans
Une rupture qui ne fait pas de bruit
Beaucoup de patientes arrivent en consultation avec une idée déjà installée : il faudrait changer ses implants tous les dix ans. Cette idée circule depuis longtemps et elle est fausse. Il n’existe pas de durée de vie annoncée pour un implant mammaire et il n’y a pas de changement systématique. On réintervient sur indication.
Ces indications sont au nombre de trois. Une rupture confirmée. Une coque, c’est-à-dire une capsule devenue épaisse et rétractile, qui déforme et fait mal. Ou votre souhait d’un autre volume, plus grand ou plus petit, parce que votre corps et vos attentes ont changé depuis la première intervention.
La rupture d’un implant est souvent silencieuse. Elle ne provoque ni douleur, ni déformation visible, et elle peut passer inaperçue pendant des années. C’est la raison pour laquelle une surveillance est conseillée tous les 1 à 2 ans, par imagerie adaptée.
Vous devez également signaler le port d’implants au radiologue avant tout examen du sein. Cette information change les incidences réalisées et la façon de lire les images. Un implant peut masquer une zone du sein s’il n’est pas pris en compte.
Trois issues, aucune par défaut
Quand une réintervention est indiquée, trois chemins s’ouvrent, et ils se présentent à égalité. Le choix dépend de l’état de votre poitrine, de la qualité et de la quantité de peau, du volume que vous souhaitez et de ce que vous voulez vivre ensuite, y compris la question du suivi à long terme.
Remplacer l’implant
L’implant est retiré et un nouvel implant est mis en place, dans la même loge ou dans une loge modifiée si nécessaire. C’est le choix des patientes qui sont satisfaites de leur volume et qui veulent le conserver, ou qui souhaitent le modifier. Le principe et les modalités sont détaillés sur la page consacrée au remplacement d’implants.
Ce que cette option ne fait pas : elle ne met pas fin à la vie de l’implant. Vous restez porteuse d’un dispositif, avec la surveillance qui l’accompagne et la possibilité d’une nouvelle réintervention plus tard. Elle ne corrige pas non plus à elle seule une peau distendue ou un sein descendu, qui demandent un geste cutané associé.
Retirer sans rien remettre
L’implant est retiré et rien n’est remis. Cette ablation d’implants répond à des situations très différentes : une lassitude vis-à-vis du dispositif, des réinterventions répétées, un changement de rapport à son corps.
Ce que cette option ne fait pas : elle ne rend pas au sein l’aspect qu’il avait avant la première pose. Le volume retiré laisse un sein plus petit, parfois avec un excès de peau selon la taille de l’implant retiré et la durée pendant laquelle il a été porté. Cette conséquence doit être anticipée et discutée avant l’intervention.
Selon l’état de l’enveloppe et la position du sein après retrait, un lifting mammaire peut parfois être discuté, dans le même temps ou à distance.
Lorsque c’est la position du sein qui devient la question principale, la page consacrée à la poitrine tombante décrit comment elle s’évalue.
Remplacer le volume par de la graisse
Le lipofilling consiste à prélever votre graisse, à la préparer, puis à la réinjecter dans le sein après le retrait de l’implant. Cette voie est décrite sur la page remplacement de prothèse par de la graisse.
Ce que cette option ne fait pas : elle ne reproduit pas volume pour volume ce qu’apportait un implant. Une partie de la graisse transférée ne prend pas, ce qui peut conduire à plusieurs séances, et elle suppose des zones donneuses suffisantes. Pour comprendre ce que l’implant apporte et ce que la graisse apporte autrement, la page augmentation mammaire par implant sert de référence.
CE QUI SE PASSE AUTOUR DE L'INTERVENTION
L’analyse de la capsule est systématique : elle est prélevée et envoyée au laboratoire. En cas de rupture, la loge est lavée soigneusement et la rupture est déclarée aux autorités sanitaires, comme la réglementation le prévoit.
Si vous souhaitez récupérer vos prothèses, la demande se fait avant l’intervention. Une fois le geste réalisé, cette récupération n’est plus possible.
L’arrêt complet du tabac est demandé un mois avant et un mois après l’intervention, cigarette électronique comprise. Le tabac est en cause dans un grand nombre de coques, et il pèse sur la cicatrisation. Cette condition n’est pas négociable.
Un assouplissement quotidien de la poitrine vous sera enseigné. Il s’entretient à vie, quelques minutes par jour, pour maintenir une capsule souple autour de l’implant.
CE QUI EST PLUS FRÉQUENT QU'EN PREMIÈRE INTERVENTION
Une réintervention n’est pas une primo-implantation. Le sérome et la malposition de l’implant y sont plus fréquents, parce que la loge existe déjà et qu’elle a été modifiée par le temps. Une récidive de coque reste possible à tout moment, y compris après une intervention parfaitement conduite, et sans qu’on puisse prédire chez qui.
Les risques généraux de la chirurgie mammaire demeurent : hématome, infection, troubles de la sensibilité du mamelon, cicatrisation défavorable, asymétrie résiduelle. Aucune intervention ne se déroule sans risque, et une reprise chirurgicale peut être nécessaire.
Ce type d’intervention se réalise sous anesthésie générale. La consultation sert à examiner votre poitrine, à relire vos documents d’implants si vous les avez, à demander l’imagerie utile, puis à poser ensemble le choix entre remplacement, retrait simple et lipofilling.
L’analyse et l’intervention sont assurées par le Dr Daniel Meunier, chirurgien plasticien.
Parlons-en en consultation
On examine, on explique, on décide ensemble. Rien ne se fait le jour même.