BAJOUES ET OVALE DU VISAGE
En résumé
- De quoi il s’agit : Les bajoues : de la graisse de la joue qui descend, pas de la graisse en trop
- Ce qui l’explique : Elle bute contre un ligament ; maigrir ou faire du sport n’y change rien
- Les options : Soutenir le haut du visage pour redessiner le bas, par injections ou chirurgie selon le cas
- À savoir : Le premier rendez-vous sert surtout à trier ce qui relève de l’un ou de l’autre
La graisse ne s'ajoute pas, elle descend
La plupart des patientes qui viennent nous en parler décrivent la même chose : la ligne de la mâchoire, qui était nette sur les photos d’il y a dix ans, ne l’est plus. À la place, il y a une petite masse molle de part et d’autre du menton, une sorte de marche d’escalier qui casse le trait. Le matin, cela se voit moins. En fin de journée, sur une photo prise d’en bas, cela saute aux yeux.
Beaucoup pensent avoir grossi du visage. C’est presque toujours faux. Le poids n’a pas bougé, et pourtant l’ovale s’est brouillé. Cette contradiction est la clé du sujet, et elle explique pourquoi les réflexes habituels (maigrir, faire du sport, changer de crème) ne donnent rien sur cette zone.
La bajoue n’est pas un dépôt de graisse qui apparaît là où il n’y en avait pas. C’est de la graisse de la joue, déjà présente, qui glisse vers le bas et vient buter contre un ligament qui la retient au niveau de la mandibule. La graisse s’accumule au-dessus de cette attache, et c’est cette butée qui dessine la marche d’escalier de chaque côté du menton.
Trois phénomènes se cumulent pour produire ce glissement. La peau perd de l’élasticité et de l’épaisseur, donc elle ne rappelle plus les tissus vers le haut. Les compartiments graisseux profonds fondent et se déplacent vers le bas, ce qui creuse le haut du visage et charge le bas. Enfin les structures de soutien, le SMAS et les ligaments, se distendent et laissent partir ce qu’elles maintenaient.
C’est aussi pour cela qu’un visage qui maigrit paraît parfois plus tombant, et non plus jeune. On retire du volume à ce qui soutenait. Le résultat est un visage plus fin sur la balance et plus lourd dans le miroir.
On soutient le haut pour redessiner le bas
Acide hyaluronique en soutien profond
Placé en profondeur, sur les points de projection du haut du visage, l’acide hyaluronique redonne de l’appui là où le volume a fondu. En redonnant de la projection en haut, il redessine indirectement la ligne mandibulaire, parce que le regard cesse d’être attiré vers le bas. Ce qu’il ne fait pas : il ne fait pas remonter la bajoue elle-même. Aucun produit injectable ne repositionne une graisse qui a franchi le ligament. L’effet est immédiat et se maintient plusieurs mois à un peu plus d’un an selon les zones et les patientes. Le détail de la technique est expliqué sur la page consacrée aux injections d’acide hyaluronique.
Biostimulateurs de collagène
Ils ne comblent pas, ils densifient. Le produit déclenche une production de collagène par vos propres tissus, et la peau gagne progressivement en épaisseur et en fermeté. Le résultat se juge en semaines, pas le jour même, ce qui déroute les patientes pressées. Point à connaître avant de se décider : ces produits ne sont pas réversibles, contrairement à l’acide hyaluronique. Voir la page biostimulateurs de collagène.
Morpheus 8
La radiofréquence microneedling travaille la qualité de la peau et obtient une rétraction modérée. Trois séances sont généralement nécessaires, et le résultat s’installe sur trois à six mois. Sur une laxité débutante le long de la mâchoire, c’est souvent le bon compromis. Sur une bajoue installée, cela ne suffira pas, et le dire d’emblée évite une déception. Détails sur la page Morpheus 8.
FaceTite et AccuTite
Il s’agit d’une radiofréquence délivrée sous la peau, par une micro-incision, sous anesthésie locale. L’indication est la laxité intermédiaire le long de la mâchoire : trop marquée pour une machine de surface, pas assez pour un lifting. Elle réduit la charge graisseuse locale et provoque une rétraction cutanée réelle, sans retirer de peau. Voir FaceTite et AccuTite.
Lifting, minilift ou softlifting, et deep plane facelift
Quand la descente est franche, seule la chirurgie repositionne les tissus et retire l’excès de peau. Le lifting du visage, minilift ou softlifting répond aux situations modérées. Le deep plane facelift va libérer et repositionner les plans profonds, ce qui redonne à la joue sa position d’origine plutôt que de tirer la peau. Anesthésie générale, éviction sociale de 10 à 14 jours.
LÀ OÙ LES TRAITEMENTS S'ARRÊTENT
Injecter davantage sur un visage qui descend alourdit le bas du visage au lieu de le remonter. C’est l’erreur la plus fréquente sur cette indication, et elle se corrige mal. Un volume mal placé aggrave exactement ce que la patiente voulait corriger.
Aucune technique non chirurgicale ne retire de la peau. Elles peuvent la rétracter, l’épaissir, la stimuler, mais l’excès reste l’excès.
Les injections comportent un risque rare mais grave d’occlusion vasculaire, qui impose une prise en charge immédiate. La radiofréquence sous-cutanée peut entraîner une atrophie graisseuse si le réglage est trop profond chez une patiente mince, et ce préjudice est durable. Ces situations sont peu fréquentes, elles ne sont pas nulles.
LE PREMIER RENDEZ-VOUS SERT SURTOUT À TRIER
En consultation, on regarde d’où vient la perte de l’ovale : plutôt de la peau, plutôt du volume déplacé, plutôt du soutien distendu. Le plus souvent des trois, dans des proportions différentes. C’est cette répartition qui décide, pas le catalogue des machines.
Le Dr Anouk Herszkowicz prend en charge les injections et les traitements de médecine esthétique. Le Dr Daniel Meunier assure les gestes chirurgicaux et la radiofréquence sous-cutanée. Nous vous dirons aussi quand il vaut mieux attendre.
Si votre gêne porte plus largement sur la fermeté du visage, la page relâchement de la peau du visage traite le sujet dans son ensemble. Si c’est surtout la zone sous le menton qui vous préoccupe, allez voir double menton, dont les causes sont différentes.
Parlons-en en consultation
On examine, on explique, on décide ensemble. Rien ne se fait le jour même.