CICATRICES
En résumé
- De quoi il s’agit : Une cicatrice ne disparaît jamais : la peau réparée n’est pas identique à la peau d’origine
- Les options : Atténuer le relief, égaliser la couleur ou assouplir le tissu, selon la forme de la cicatrice
- Les limites : Sur les cicatrices d’acné, l’amélioration visée se situe entre 40 et 70 %, jamais 100 %
Réparer n'est pas régénérer
Une cicatrice raconte quelque chose que vous n’avez pas forcément envie de raconter chaque jour. Celle d’une acné adolescente, visible en lumière rasante. Celle d’une césarienne, d’une chute, d’une intervention. Celle qui reste rouge et épaisse des mois après une coupure banale.
La première chose à dire, et elle conditionne tout le reste, c’est qu’une cicatrice ne disparaît jamais. La peau réparée n’est pas identique à la peau d’origine, et aucune technique ne la ramène à son état antérieur. Ce que l’on peut faire, c’est l’améliorer : atténuer le relief, égaliser la couleur, assouplir un tissu rigide, réduire le contraste avec la peau voisine. C’est souvent considérable, mais ce n’est pas une disparition.
Quand la peau est lésée en profondeur, l’organisme ne régénère pas, il répare. Il fabrique rapidement du collagène désorganisé pour refermer la brèche, puis remodèle ce tissu pendant douze à dix-huit mois. La qualité finale dépend de la profondeur de la plaie, des tensions mécaniques sur la zone, de la génétique et de l’intensité de l’inflammation initiale.
Les cicatrices d’acné se classent selon leur forme, et cette classification commande le traitement. Les cicatrices en pic à glace sont étroites et très profondes, comme percées à l’aiguille. Les cicatrices en cuvette ont des bords nets et un fond plat. Les cicatrices ondulantes dessinent des vallonnements souples, sans bord marqué. Une même joue en porte souvent trois types différents.
Les cicatrices hypertrophiques et chéloïdes correspondent à l’inverse : une production excessive de collagène, qui donne un relief en saillie, rouge, parfois douloureux ou responsable de démangeaisons. La chéloïde déborde au-delà des limites de la plaie initiale et récidive volontiers.
Les cicatrices atrophiques ou élargies, enfin, résultent d’un tissu insuffisant ou d’une traction excessive pendant la cicatrisation. Elles sont fines, déprimées, souvent plus claires que la peau autour.
Ce que la forme de la cicatrice autorise
Morpheus 8
La radiofréquence par micro-aiguilles délivre de l’énergie dans le derme à une profondeur réglable. Sur les cicatrices d’acné atrophiques, l’efficacité du Morpheus 8 est comparable à celle des lasers fractionnés, avec l’avantage d’un profil de risque pigmentaire plus favorable. On prévoit généralement trois séances espacées de quatre à six semaines, et le résultat s’installe sur trois à six mois, le temps que le remodelage se fasse.
Ce qu’il ne fait pas : effacer une cicatrice en pic à glace très profonde, ni traiter une chéloïde, qui relève d’une prise en charge différente.
Le laser
Le laser esthétique travaille sur la texture et sur la couleur. Selon le réglage, il lisse les irrégularités de surface ou agit sur la rougeur persistante d’une cicatrice récente. Il s’utilise seul ou en alternance avec la radiofréquence.
Ce qu’il ne fait pas : relever un creux marqué. Sur les phototypes foncés, certains réglages exposent à une hyperpigmentation et imposent la prudence.
L’acide hyaluronique
Une cicatrice en cuvette peut se relever par une injection sous la dépression. L’acide hyaluronique apporte un soutien immédiat et le résultat se voit le jour même.
Ce qu’il ne fait pas : durer indéfiniment. Le produit se résorbe, ce qui suppose de reprendre le geste après plusieurs mois. Il ne change rien à la texture de la peau au-dessus.
Le nanofat
Le nanofat utilise votre propre graisse, prélevée en petite quantité puis émulsionnée jusqu’à obtenir un produit fluide injectable très superficiellement. Il assouplit les tissus rigides et améliore la qualité de la peau cicatricielle, ce qui l’indique sur des cicatrices adhérentes ou fibreuses.
Ce qu’il ne fait pas : donner du volume comme un comblement classique, ni produire un effet visible en quelques jours. Le bénéfice s’apprécie sur plusieurs mois.
40 À 70 %, JAMAIS 100 %
Sur les cicatrices d’acné, l’objectif honnête se situe entre 40 et 70 % d’amélioration. Jamais 100 %. Une patiente qui vient chercher une peau lisse comme avant l’acné sera déçue, quelle que soit la technique employée.
Les suites comportent une rougeur et un œdème transitoires après les gestes énergétiques, quelques jours selon l’intensité. Une hyperpigmentation post-inflammatoire est possible, surtout sur peau foncée, et impose une photoprotection stricte pendant plusieurs semaines. Chez une patiente mince, un réglage trop profond de la radiofréquence peut entraîner une perte de graisse locale, visible et difficile à corriger, ce qui justifie de rester conservateur sur les profondeurs de traitement.
Enfin, une cicatrice de moins d’un an évolue encore par elle-même. Traiter trop tôt fait parfois prendre des risques pour un bénéfice que le temps aurait apporté.
TYPER LA CICATRICE AVANT DE LA TRAITER
La consultation commence par typer la cicatrice, à l’œil et au toucher, en lumière rasante et en étirant la peau. C’est ce qui distingue une cuvette d’une ondulante, et c’est ce qui décide de la technique.
Le Dr Anouk Herszkowicz prend en charge la radiofréquence, le laser et les injections de comblement. Micheline Deleuze-Peters assure la préparation de la peau avant les séances et l’entretien entre elles, ce qui réduit le risque pigmentaire. Le Dr Daniel Meunier intervient quand la cicatrice justifie un geste chirurgical, une reprise ou une greffe de graisse, et lorsqu’un avis sur une cicatrice chirurgicale ancienne est demandé.
Une cicatrice se travaille par étapes, en acceptant dès le départ ce que le résultat pourra être et ce qu’il ne sera pas.
Parlons-en en consultation
On examine, on explique, on décide ensemble. Rien ne se fait le jour même.