UNE PEAU DU CORPS QUI NE SE RÉTRACTE PLUS

En résumé

  • Ce qui l’explique : La peau du corps ne se rétracte pas comme celle du visage : collagène et élastine rompus ne se reconstituent pas
  • Les options : La radiofréquence peut densifier la peau (3 séances en général, résultat sur 3 à 6 mois) ; seule la chirurgie retire l’excès
  • Les limites : Aucune énergie ne retire de peau ; la chirurgie laisse une cicatrice qui restera à vie
  • À savoir : La chirurgie suppose un poids stable depuis plusieurs mois

La peau du corps ne se rétracte pas comme celle du visage

Vous avez perdu vingt kilos et vous ne portez plus de manches courtes. Ou votre dernière grossesse remonte à trois ans, le poids est redevenu normal, mais le ventre reste plissé quand vous vous penchez. Ou le temps a simplement passé, et la peau des bras et de l’intérieur des cuisses a pris une texture qui ne correspond plus au reste.

Le relâchement cutané du corps déçoit souvent les patientes, parce qu’il ne répond pas aux mêmes règles que le visage. Cette page traite du corps ; l’ovale, les joues et le cou relèvent d’une autre discussion, décrite sur la page dédiée au relâchement du visage.

La peau tient par un réseau de fibres de collagène et d’élastine, associé à une couche graisseuse et aux muscles sous-jacents. Quand la peau a été distendue de façon prolongée, par une grossesse ou par une surcharge pondérale, ces fibres se rompent, et une fois rompues elles ne se reconstituent pas. L’élastine, en particulier, ne se renouvelle pratiquement pas chez l’adulte.

La peau du corps est aussi plus épaisse et plus lourde que celle du visage, et la pesanteur s’exerce sur de grandes surfaces. Sa capacité de rétraction est nettement inférieure. Une peau distendue pendant des années, puis vidée par une perte de poids, ne revient pas sur elle-même, quel que soit le sport pratiqué.

Après une grossesse s’ajoute souvent un écartement des muscles grands droits, appelé diastasis. La paroi abdominale perd sa sangle, le ventre reste projeté en avant même chez une femme mince, et la peau paraît d’autant plus lâche. C’est un problème musculaire, pas un problème de peau.

Densifier ne remplace jamais retirer

Morpheus 8 et la radiofréquence

La radiofréquence par micro-aiguilles chauffe le derme de façon contrôlée et améliore la qualité et la texture de la peau, avec un léger effet de rétraction. Sur une laxité débutante, un ventre légèrement fripé chez une patiente proche de son poids de forme, une face interne de bras peu marquée, le Morpheus 8 apporte une amélioration visible. On compte en général trois séances, avec un résultat qui s’installe sur trois à six mois.

Ce qu’il ne fait pas : retirer de la peau. L’effet sur le corps reste modeste, plus modeste que sur le visage, et il ne remplace jamais une exérèse cutanée.

La liposuccion

Quand la gêne vient surtout d’un excès de graisse localisé, sur une peau qui a conservé un bon tonus, la liposuccion redessine la silhouette en retirant cette graisse par de très petites incisions. La rétraction cutanée qui suit est réelle chez une patiente jeune, à la peau élastique.

Ce qu’elle ne fait pas : traiter un excès de peau. Sur une peau déjà distendue, retirer la graisse sans retirer la peau aggrave l’aspect flottant. C’est une erreur d’indication fréquente et elle se voit immédiatement. Sur une peau qui a perdu une partie de son élasticité sans former de vrai excès, l’association d’une radiofréquence interne à la liposuccion, le BodyTite, obtient une rétraction que la canule seule n’obtient pas ; c’est la réponse la plus fréquente sur les bras.

L’abdominoplastie

Quand il existe un tablier abdominal, un excès cutané franc, souvent avec des vergetures sous l’ombilic et un diastasis, l’abdominoplastie retire la peau excédentaire et permet de resserrer la sangle musculaire. C’est la seule réponse à ces deux problèmes réunis.

Ce qu’elle ne fait pas : se passer d’une cicatrice. Elle laisse une cicatrice horizontale basse et longue, dissimulable sous un sous-vêtement, mais qui restera à vie.

Le lifting des bras et des cuisses

Sur une face interne de bras qui pend, le lifting des bras retire la peau en excès et redonne un contour au membre. Le principe vaut pour la face interne des cuisses et l’intérieur des genoux, avec le lifting des cuisses.

Ce qu’ils ne font pas : rester discrets. La cicatrice suit la face interne du bras ou de la cuisse sur une grande longueur, elle ne s’effacera pas, et elle reste rouge plusieurs mois avant de pâlir. C’est le prix du résultat, et il se discute avant, pas après.

AUCUNE ÉNERGIE NE RETIRE DE LA PEAU

Quand il y a un excès de peau, aucune énergie ne le fait disparaître. Ni la radiofréquence, ni les ultrasons, ni aucun appareil. Vous promettre le contraire serait malhonnête. De la même façon, un diastasis des grands droits ne se corrige ni par une énergie ni par des abdominaux, il se répare chirurgicalement.

Les liftings du corps se déroulent sous anesthésie générale, avec un arrêt d’activité de plusieurs semaines et un risque opératoire réel, qui vous sera exposé en détail : hématome, retard de cicatrisation, épanchement de lymphe, élargissement secondaire de la cicatrice, troubles de la sensibilité. Le tabac augmente sensiblement ces risques.

Ces interventions supposent enfin un poids stable depuis plusieurs mois : opérer en cours d’amaigrissement expose à un résultat qui se défera.

CHOISIR ENTRE UNE CICATRICE ET UN EXCÈS DE PEAU

La consultation évalue séparément la quantité de graisse, la qualité et la quantité de peau, et l’état de la paroi musculaire. C’est cette évaluation qui décide, et non le souhait de faire l’économie d’une cicatrice.

Le Dr Daniel Meunier pose l’indication chirurgicale et réalise ces interventions. Le Dr Anouk Herszkowicz propose la radiofréquence lorsque la laxité est légère et qu’aucune chirurgie ne se justifie, et le dit clairement quand ce n’est pas le cas. Micheline Deleuze-Peters accompagne la qualité de peau avant et après une intervention.

Sur le corps, une décision honnête consiste souvent à choisir entre une cicatrice acceptée et un excès de peau conservé.

Deux pages prolongent celle-ci. Lorsque cette peau est la conséquence d’une perte de poids importante, l’ordre des corrections compte autant que le choix des gestes : c’est le sujet de la page après un amaigrissement important. Et la page consacrée aux bras explique l’arbitrage entre l’excès cutané et la cicatrice nécessaire pour le retirer.

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