AUGMENTER LES FESSES

En résumé

  • De quoi il s’agit : Deux démarches : ajouter du volume par transfert de graisse, ou faire apparaître un galbe existant par liposuccion des zones voisines
  • Les limites : Une partie de la graisse injectée se résorbe pendant les 3 à 6 premiers mois, dans une proportion qu’aucun chirurgien ne peut annoncer ; une 2e séance est parfois nécessaire

Une fesse plate, ou une taille trop large

La demande d’un volume fessier plus marqué est devenue fréquente, portée par une mode qui a beaucoup circulé ces dernières années. Les patientes qui consultent décrivent le plus souvent des fesses plates, un manque de projection de profil, ou une zone qui s’est affaissée après une perte de poids.

Il faut d’emblée séparer deux choses très différentes, parce qu’elles n’exposent ni aux mêmes gestes ni aux mêmes risques. Ajouter du volume n’est pas la même démarche que faire apparaître un galbe qui existe déjà mais que les zones voisines effacent.

Cette page décrit les deux approches et les précautions qui les entourent. La question de la sécurité y occupe une place importante, et c’est volontaire.

Une fesse paraît plate pour des raisons variées. Le muscle grand fessier peut être peu développé et la couche graisseuse mince, ce qui donne peu de projection. Le bassin peut être étroit ou peu incliné, ce qui limite naturellement la courbe. La peau peut s’être relâchée après une perte de poids, laissant le volume descendre vers le pli fessier au lieu de rester haut.

Le contexte joue autant que le volume lui-même. Une fesse de projection modeste, encadrée par une taille marquée et des hanches fines, paraît galbée. La même fesse, entourée d’un excès de graisse sur les flancs et la face externe des cuisses, disparaît visuellement. C’est ce qui explique qu’une partie des patientes obtienne ce qu’elle cherche sans qu’un gramme ne soit ajouté.

Lorsque la gêne porte surtout sur les flancs et les trochanters, ce sont les poignées d’amour et la culotte de cheval qui sont en cause. Modifier les volumes des flancs et des zones voisines peut changer la perception du galbe de la fesse, sans augmenter directement son volume.

Ajouter du volume, ou révéler celui qui existe

Le remodelage par liposuccion des zones voisines

L’approche la moins lourde consiste à travailler autour de la fesse plutôt que dedans. En affinant la taille, les flancs et la partie haute de la face externe des cuisses, la liposuccion redonne une transition nette et fait ressortir le galbe existant. Rien n’est injecté, la zone fessière n’est pas touchée.

Ce qu’elle ne fait pas : elle n’ajoute aucun volume et ne convient donc pas si la projection recherchée est franchement supérieure à ce qui existe. Elle ne remonte pas une fesse relâchée. Les suites sont celles d’une liposuccion classique, avec compression, ecchymoses et gonflement pendant plusieurs semaines, et un résultat qui se stabilise sur trois à six mois.

Le lipofilling fessier

Le principe est d’utiliser votre propre graisse. Elle est prélevée par liposuccion sur une zone où elle est en excès, préparée, puis réinjectée dans la région fessière pour restaurer du volume et corriger un creux. L’avantage tient à la nature du matériau, qui est votre tissu, et au bénéfice double du prélèvement, qui affine la zone donneuse.

Ce qu’il ne fait pas : il ne remplace pas un geste de remise en tension quand la peau est très relâchée, et il ne se conçoit pas sans réserve graisseuse suffisante. Une patiente très mince n’a pas de quoi prélever. Une partie de la graisse injectée ne survit pas et se résorbe pendant les trois à six premiers mois, dans une proportion qui varie d’une personne à l’autre et qu’aucun chirurgien ne peut annoncer à l’avance. Une deuxième séance est parfois nécessaire pour compléter. L’intervention se fait sous anesthésie générale, la position assise et le décubitus dorsal sont limités pendant plusieurs semaines, et le gonflement initial donne une impression de volume trompeuse qu’il ne faut pas prendre pour le résultat.

Un point mérite d’être dit clairement. Des accidents graves, parfois mortels, ont été rapportés dans le monde à la suite d’injections de graisse dans les fesses. Ils sont liés au passage de graisse dans les grosses veines de la région lorsque l’injection est faite trop profondément, dans ou sous le muscle. Le plan d’injection est donc déterminant : il doit rester sous-cutané, avec des canules adaptées et un contrôle permanent de la profondeur. C’est la raison pour laquelle ce geste relève d’un cadre chirurgical rigoureux et d’un opérateur qui en connaît les règles, et non d’un acte pratiqué à la légère.

Améliorer la qualité de la peau

Quand la peau est fine ou peu tonique, un travail préalable de la qualité cutanée peut être discuté. Le Morpheus 8 agit sur l’épaisseur et la texture du derme par radiofréquence fractionnée, ce qui améliore le support. Il n’ajoute pas de volume, ne retire pas de peau, et son effet reste modeste ; il se conçoit comme un complément, jamais comme une alternative. Plusieurs séances sont nécessaires, avec des rougeurs pendant quelques jours.

LE PLAN D'INJECTION DÉCIDE DE TOUT

Le volume obtenu dépend de la graisse disponible, de la qualité de la peau et de la part qui se maintient après résorption. Une asymétrie, des irrégularités de surface, une prise partielle inégale sont possibles. Un relâchement cutané important ne se corrige pas par du volume : la page sur le relâchement de la peau du corps explique pourquoi. Une variation de poids ultérieure modifiera le résultat, puisque la graisse transférée se comporte comme celle de la zone d’origine. Toute anesthésie générale comporte des risques qui vous sont exposés en consultation.

S'IL N'Y A RIEN À PRÉLEVER

L’examen évalue la projection actuelle de profil, la position du pli fessier, la qualité de la peau et surtout les zones donneuses possibles. Sans réserve graisseuse exploitable, la discussion s’arrête là. On regarde ensuite si votre objectif tient au volume lui-même ou au contraste avec la taille et les cuisses, car la réponse change complètement le geste proposé.

Le Dr Daniel Meunier pose l’indication, explique le plan opératoire et les précautions retenues.

Prendre le temps de cette réflexion est ici plus qu’une formalité administrative.

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