UN VISAGE QUI SE RELÂCHE

En résumé

  • Ce qui l’explique : Le visage perd du soutien à plusieurs niveaux à la fois : la peau, les volumes profonds et les structures de soutien
  • Les options : Un moyen par niveau, des soins de peau jusqu’au repositionnement des plans profonds
  • Les limites : Les soins de surface seuls ne corrigent pas le phénomène
  • À savoir : L’examen mesure ce qui relève de la médecine esthétique et ce que seule la chirurgie traite

La peau n'est qu'une partie du problème

L’ovale du visage se dessine moins nettement qu’avant. Le bord de la mâchoire, autrefois net sur une photo de profil, se brouille. De petites bajoues apparaissent de part et d’autre du menton, et la peau du cou paraît plus lâche le matin. Beaucoup de patientes datent le changement d’une période précise, souvent après une perte de poids ou une année difficile.

La peau n’est qu’une partie de l’explication, ce qui rend les soins de surface impuissants à corriger le phénomène. Le visage perd du soutien à plusieurs niveaux en même temps, et chaque niveau demande un moyen différent.

Trois composantes se cumulent.

La peau, d’abord. Elle perd de son élasticité et de son épaisseur. Elle se rétracte moins bien après avoir été étirée, et un excès finit par apparaître, visible d’abord au niveau du cou et de la ligne mandibulaire.

Les volumes profonds, ensuite. La graisse du visage n’est pas une masse uniforme mais un ensemble de compartiments, qui diminuent de façon inégale. Le support osseux se modifie également avec les années. Le résultat est un affaissement de la structure sur laquelle la peau repose, un peu comme un tissu tendu sur un cadre qui rétrécit.

Les structures de soutien, enfin. Sous la peau se trouve un plan fibro-musculaire, le SMAS, maintenu en place par des ligaments. Quand ce plan se relâche et que ces attaches se distendent, les tissus glissent vers le bas. La joue descend, la bajoue se forme, le sillon nasogénien se creuse.

Ces trois mécanismes n’avancent pas au même rythme d’une personne à l’autre, ce qui explique que deux patientes du même âge n’aient pas la même indication.

Le relâchement ne se lit pas au même endroit chez tout le monde. Lorsqu’il se marque d’abord sur la ligne de la mâchoire, la page sur les bajoues et l’ovale du visage décrit ce glissement en détail. Lorsqu’il se marque d’abord sous le menton et sur le cou, la page sur le cou relâché correspond mieux à la demande.

De la qualité de peau au repositionnement des plans profonds

Le Morpheus 8

La radiofréquence par micro-aiguilles agit sur le derme et améliore la densité et la qualité de la peau, avec une rétraction modérée. Le Morpheus 8 convient à un relâchement débutant, souvent en trois séances, avec un résultat qui se construit sur trois à six mois.

Ce qu’il ne fait pas : il ne retire pas de peau et ne repositionne rien. Sur un affaissement franc, l’effet reste anecdotique. Les suites comprennent des rougeurs et un aspect marqué pendant quelques jours.

FaceTite et AccuTite

La radiofréquence est ici délivrée sous la peau par une micro-canule, sous anesthésie locale, pour traiter une laxité intermédiaire, notamment le long de la mâchoire et sous le menton. FaceTite et AccuTite peuvent améliorer la définition de l’ovale sans cicatrice visible.

Ce qu’elles ne font pas : elles ne remontent pas les plans profonds et ne traitent pas un excès cutané. Le résultat s’apprécie sur plusieurs mois, avec un œdème pendant les premières semaines. Sur un visage qui a franchement descendu, le bénéfice sera décevant.

Le soutien profond peut aussi être restauré par des injections d’acide hyaluronique, qui redonnent de la projection là où le volume a fondu, sans corriger la descente elle-même.

Les biostimulateurs de collagène

Plutôt que de combler, on implante un biomatériau que l’organisme reconnaît comme étranger, ce qui déclenche une réaction de cicatrisation contrôlée et une fabrication de collagène neuf. Les biostimulateurs de collagène s’adressent aux visages qui se sont vidés plus qu’ils ne sont descendus : joues plates, tempes creusées, ovale qui perd sa netteté sans bajoue franche. Selon le produit, le résultat apparaît immédiatement puis se renforce, ou seulement après six à douze semaines, en deux à quatre séances.

Ce qu’ils ne font pas : ils ne remettent rien en tension et ne remontent aucun tissu. Et surtout, ils ne sont pas réversibles : l’hyaluronidase, qui dissout l’acide hyaluronique en quelques heures, n’a aucun effet sur eux. Une erreur de plan ou de dilution ne s’efface pas, ce qui rend l’opérateur et la technique déterminants. Le risque signature est le nodule retardé, qui peut apparaître des semaines ou des mois après la séance.

Le lifting, le minilift et le softlifting

Selon le degré de relâchement, le lifting du visage, le minilift ou le softlifting permettent de retendre et de retirer l’excès de peau, avec une remise en tension des plans sous-jacents plus ou moins étendue. Le choix dépend de la zone concernée et de l’importance de la descente.

Ce qu’ils ne font pas : ils ne changent pas la qualité de la peau ni la texture de surface, qui relèvent d’autres traitements. Les cicatrices sont placées autour de l’oreille et demandent plusieurs mois pour s’estomper.

Le deep plane facelift

Quand la descente est franche, le geste consiste à travailler sous le SMAS, à libérer les ligaments et à repositionner les plans profonds avant de traiter la peau. Le deep plane facelift redonne au visage sa position antérieure plutôt qu’il ne le tire.

Ce qu’il ne fait pas : il ne rajeunit pas la peau et ne suspend pas le vieillissement. Il se réalise sous anesthésie générale, avec une éviction sociale de dix à quatorze jours, des ecchymoses et un œdème qui mettent plusieurs semaines à disparaître. Les risques comprennent l’hématome, les troubles transitoires de la sensibilité et, rarement, une atteinte d’un rameau nerveux.

LA PHRASE LA PLUS UTILE DE CETTE PAGE

Aucune technique non chirurgicale ne retire de la peau. C’est la phrase la plus utile de cette page. Quand l’excès cutané est réel, seule la chirurgie le traite, et entretenir l’espoir contraire fait perdre du temps et de l’argent en séances qui ne pouvaient pas fonctionner.

Un lifting ne dispense pas non plus de s’occuper de la peau, et il ne fige pas le visage dans le temps : le vieillissement se poursuit après l’intervention.

Ajouter du volume à un visage qui descend ne le remonte pas. Un biostimulateur densifie, il ne repositionne rien, et injecter davantage sur un ovale qui s’affaisse alourdit le bas du visage au lieu de le redessiner.

Les mécanismes du relâchement et les gestes qui y répondent ne sont pas les mêmes au visage et sur le corps : la page sur le relâchement de la peau du corps explique l’arbitrage entre une cicatrice et un excès de peau.

CE QUE L'EXAMEN MESURE

L’examen évalue séparément la qualité de la peau, l’importance de l’excès cutané et la position des tissus profonds. Cette distinction oriente le choix bien plus que l’âge.

Les gestes chirurgicaux sont réalisés par le Dr Daniel Meunier, chirurgien plasticien. Les traitements médicaux et les injections sont assurés par le Dr Anouk Herszkowicz, et il est fréquent que les deux se complètent, avant ou après une chirurgie.

Une consultation permet de situer où vous en êtes et d’écarter les propositions qui ne correspondent pas à votre situation.

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