LES RIDES

En résumé

  • Ce qui l’explique : Trois phénomènes superposés : pli d’un muscle qui se contracte, sillon creusé par la perte de soutien, altération de la surface de la peau
  • Les limites : La toxine botulique ne comble pas, l’acide hyaluronique ne lisse pas, et aucune technique ne fait le travail d’une autre
  • À savoir : L’examen regarde le visage au repos puis en mouvement pour savoir ce qui convient à quelle ride

Toutes les rides ne se ressemblent pas

Une ride que l’on ne voyait qu’en souriant reste maintenant visible au repos. La barre entre les sourcils se lit même sur une photo prise de face, sans expression. Le fond de teint se dépose dans les plis autour de la bouche en fin de journée. Ces observations arrivent rarement toutes en même temps, et c’est précisément parce qu’elles n’ont pas la même origine.

Parler des rides au singulier n’aide pas à comprendre ce qui se passe. Trois phénomènes se superposent sur un visage : le pli créé par la contraction d’un muscle, le sillon creusé par la perte de soutien, et l’altération de la surface de la peau elle-même. Chacun répond à des moyens différents, et un traitement efficace sur l’un reste sans effet sur les autres.

Les rides d’expression naissent du mouvement. Les muscles du front, de la glabelle et du contour de l’œil plissent la peau des milliers de fois par jour. Tant que la peau est élastique, elle se remet en place. Avec le temps, le pli se marque, puis s’imprime. C’est ainsi que se forment les rides du front, la ride du lion et les pattes d’oie.

Les rides statiques, elles, ne dépendent pas de la contraction. Elles résultent d’une perte de volume et de soutien : la graisse profonde diminue, les tissus descendent, et un sillon apparaît là où le relief était auparavant continu. Le sillon nasogénien et les plis d’amertume aux commissures en sont les exemples les plus courants. Ils sont présents au repos et ne bougent pas quand on cesse de bouger le visage.

Enfin, la surface de la peau se modifie. Les ridules fines apparaissent, les pores se voient davantage, la peau se froisse au lieu de reprendre sa forme. Cette composante de texture est souvent négligée alors qu’elle joue beaucoup dans l’impression de fatigue.

Un même visage combine généralement les trois, dans des proportions qui lui sont propres. C’est cette répartition qui détermine ce qu’il est raisonnable de proposer.

La toxine ne comble pas, l'acide hyaluronique ne lisse pas

La mésothérapie et l’entretien de la peau

Des micro-injections superficielles d’acide hyaluronique non réticulé, de vitamines et d’antioxydants hydratent la peau et améliorent son aspect général. La mésothérapie s’inscrit dans un entretien régulier, souvent en association avec des soins topiques.

Ce qu’elle ne fait pas : elle n’efface pas une ride installée et ne comble aucun sillon. Le résultat est fin, visible sur l’éclat et le grain, et demande des séances répétées.

Les polynucléotides

Il s’agit de fragments d’ADN purifié, extraits de gonades de saumon ou de truite, déposés en microdépôts dans le derme. Les polynucléotides visent la qualité et la souplesse de la peau, et trouvent leur meilleure place là où la peau est trop fine pour supporter un comblement, notamment la région du cerne. Le protocole comprend trois à quatre séances espacées de deux à trois semaines, avec un effet qui s’installe sur un à trois mois.

Ce qu’ils ne font pas : ils ne comblent aucune ride et n’apportent pas de volume. Le niveau de preuve est faible à moyen, la revue systématique de référence ne retenant que neuf études de qualité faible à modérée sur 219 patients au total, sans consensus de protocole. Une allergie au poisson est une contre-indication.

La toxine botulique

Sur les rides d’expression, la toxine botulique réduit la contraction du muscle responsable du pli, ce qui laisse la peau se détendre. Le front s’apaise, la barre du lion s’atténue, les pattes d’oie se lissent au sourire.

Ce qu’elle ne fait pas : elle ne comble rien et ne retend pas la peau. L’effet s’installe en dix à quatorze jours et dure trois à quatre mois selon les zones et les personnes. Sur une ride déjà creusée au repos, l’amélioration est partielle.

L’acide hyaluronique

Pour les rides statiques et les pertes de volume, les injections d’acide hyaluronique restaurent un soutien et atténuent les sillons. Le résultat est immédiat, avec un œdème et parfois des ecchymoses les premiers jours, et une durée qui varie selon le produit et la zone.

Ce qu’elles ne font pas : elles n’améliorent pas la texture de la peau. Le risque rare mais grave de ces injections est l’occlusion d’un vaisseau, ce qui impose qu’elles soient réalisées par un médecin, dans une structure disposant d’un protocole d’urgence.

Le Morpheus 8

La radiofréquence délivrée par micro-aiguilles agit dans le derme sur la densité et la qualité de la peau. Le Morpheus 8 s’adresse aux ridules, au grain irrégulier et à une laxité débutante, en général sur trois séances espacées de quelques semaines, avec un résultat qui s’installe sur trois à six mois.

Ce qu’il ne fait pas : il ne comble pas un sillon et ne remplace pas une chirurgie. Les suites comportent des rougeurs, un aspect quadrillé passager et une éviction sociale courte mais réelle.

AUCUNE TECHNIQUE NE FAIT LE TRAVAIL D'UNE AUTRE

Aucun de ces traitements ne fait le travail d’un autre. La toxine ne comble pas, l’acide hyaluronique ne lisse pas la texture, les polynucléotides ne comblent rien, la radiofréquence ne restitue pas un volume perdu. Vouloir tout corriger par une seule technique conduit à en faire trop, et c’est ainsi qu’un visage devient figé ou trop rempli.

Quand le relâchement est installé et que la peau est en excès, rien de tout cela ne remplace un lifting. Continuer à injecter dans ces conditions alourdit le bas du visage sans le remonter.

Deux demandes voisines peuvent coexister avec celle-ci sans appeler les mêmes gestes. Lorsque l’ovale descend et que la peau est en excès, la demande relève surtout du relâchement du visage. Et lorsqu’elle porte sur un teint qui ne renvoie plus la lumière, elle relève d’un coup d’éclat.

LE VISAGE AU REPOS, PUIS EN MOUVEMENT

L’examen distingue ce qui bouge de ce qui ne bouge pas : on regarde le visage au repos, puis en expression, ce qui sépare immédiatement les deux familles de rides. La qualité de la peau s’apprécie à la lumière rasante.

Les traitements médicaux sont réalisés par le Dr Anouk Herszkowicz. Lorsque l’analyse montre que la demande relève plutôt d’un geste chirurgical, la consultation se poursuit avec le Dr Daniel Meunier.

Une consultation permet de faire le tri entre ce qui se traite, ce qui s’entretient et ce qui demande autre chose.

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